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mardi 21 mars 2017

Manche Nature patauge





Quelque soit le futur président, l‘économie française sera t-elle capable de s'en sortir quand on sait tous les obstacles qui ne cessent d'être mis sur les chemins du progrès et du développement du territoire?Témoins les articles parus dernièrement, dans Ouest-France, La Presse de la Manche, La Manche Libre justement, qui se sont fait l'écho des critiques de Manche Nature, cette association "environnementale, " toujours prête à tirer sur tout ce qui bouge lorsqu’il est question d'aménagement du territoire et de développement économique. Sa dernière cible : Les maraîchers du Mont-Saint-Michel qui entendent produire des tomates sous 17 ha de serres dans la vallée de la Sée, 14ha sur Isigny-le-Buat et 17ha sur Colombelles. Que reprochent ces « défenseurs » de la nature qu'un élu  départemental qualifiait voici quelques mois de "Khmers verts " ou  « d’Ayatollah de l’écologie » . Pour ma part, je pense qu'il est légitime que le peuple ait la parole dans un pays démocratique pour s'opposer à des décisions qui atteignent à sa liberté et à son avenir mais lorsque la contestation devient systématique, il est naturel de s'interroger sur son bien fondé.

De l'ignorance pure et simple.

Dans le cas présent, les  critiques de Manche Nature m'apparaissent subjectives, basées sur une erreur d'analyse . L’association avance les arguments suivants :
-       L’émission de CO2 et l'effet de serre
-       Le mode de culture 
-       Le choix du terrain qui aurait pu accueillir  7 ou 8 cultivateurs bio
-       Les nombreux camions qui traverseront le bourg de Brécey etc.

À l’évidence, l’association connaît mal le dossier ou ne veut pas l’accepter, car toutes ces questions ont été posées pour l'obtention du permis de construire qui a nécessité une étude préalable d'impact associée à une seconde, imposée par la loi sur l'eau. Les responsables de Manche Nature s'érigent en tribunal lorsqu'ils parlent de CO2 émis par les serres se gardant bien de parler des chauffages au fuel et au bois (et des flambées dans les cheminées) dont ils prônent les avantages.  Autrement dit, sous prétexte de se soucier de la qualité de l'air, on cherche à torpiller un projet avec à la clef des centaines d’emplois dans une écovallée où je ne cesse de faire ma priorité du développement durable avec le photovoltaique, la biomasse, la torréfaction, le bois biosourcé et tant d'autres projets visant à développer l'économie circulaire. J'avoue ne pas comprendre.

L’intelligence doit primer sur l'idéologie

Un petit cours particulier pour  aider à comprendre le dossier. Le terrain agricole retenu était exploité par un éleveur mis en grande difficulté depuis le passage d'une ligne électrique Haute tension. Vous savez bien, ce courant qui traverse nos champs   perturbant le rendement des vaches, sans parler des mammites qu’il provoque… Bref, à la veille de partir en retraite, l'agriculteur s'interrogeait sur l'avenir de son exploitation compte tenu des problèmes rencontrés.
  

La vérité par les chiffres.

Le déficit de la balance commerciale dépasse les 300 millions d'euros soit une importation de 480 millions de tonnes de tomates provenant d'Espagne et du Maroc. 830000 tonnes de tomates sont consommées par an en France dont 80 000 de tomates cerise. Plus de la moitié de ces tomates sont vendues dans un seul pays : la France. D’Agadir à Paris, un camion de tomates a roulé sur 3078 kilomètres pour parvenir au MIN de Rungis; le coût de ce transport s’est élevé à 4 100€, soit 30 % du prix de revient.  À cela, il faut ajouter autant de camions pour acheminer la marchandise dans les points de vente régionaux. Chaque transport correspond à  une production de CO2; je vous laisse à vos calculettes. Quant au chauffage des serres, il est effectué à partir d'une cogénération qui produit chaleur et électricité. Le CO2 dégagé est réutilisé par la plante pour sa photosynthèse sachant que la tomate utilise 11fois plus de dioxyde de carbone que la moyenne des plantes pour satisfaire ses grands besoins énergétiques. La situation du terrain situé au nord ouest de la commune de Brécey permet de rejoindre l'autoroute (A84) par la D911 ou la D999 sans passer par le bourg de la commune. Il suffit de se pencher sur une carte pour s’en apercevoir. Quand à l'eau de pluie elle est récupérée pour l'arrosage. En cas de sécheresse, l'eau de la nappe phréatique sera utilisée.  Comme le disent les Québécois :  La vraie valeur est dans la connaissance. Il est donc nécessaire d’apprendre.