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dimanche 28 août 2016

Rentrée 2016-2017



C’est la rentrée politique avec les marronniers incontournables,  à commencer par les réformes scolaires que chaque ministre ne peut s’empêcher de tripatouiller et de démanteler. Le système scolaire à la française avec son nivellement par le bas n’offre aucune garantie d'excellence mais au contraire de la médiocrité. Comment croire encore au bac avec de tels pourcentages de réussite? A tel point qu'on voudrait faire une sélection à l'entrée à l'université. Si au moins l'Education inculquait aux élèves les valeurs de la république, ce serait déjà ça; liberté, égalité, fraternité ne peuvent être assimilés que si chaque individu est en mesure d’en connaître le sens or de ce point de vue le bilan est accablant : 4 élèves sur 10 sortant de CM2 ont de graves lacunes (300000) élèves et plus de 10% n'ont pas le sens des mots. Comment dès lors les sensibiliser à ces valeurs. Que reste t’il de l’idée généreuse de Jules Ferry qui voulait anéantir les privilèges en substituant le principe de la compétence pédagogique des religieux au principe des « influences sociales  »  visant à ne pas limiter l'élitisme intellectuel à une classe sociale. Un principe qui a bien fonctionné jusqu’au tournant des années 70 permettant à de nombreux élèves venant d’un milieu défavorisé de poursuivre de brillantes études, et se hisser au plus haut niveau de l’échelle sociale.

Que constate-on aujourd’hui ? 

Non seulement notre école compte un taux record de jeunes en échec scolaire, mais en plus, elle ne parvient plus à former des élites suffisamment étoffées pour répondre aux besoins d'un économie   mondialisée. Plutôt que de rechercher des solutions à ce problème préoccupant, la ministre de l’éducation Najat Vallaud Belkacem n'a rien trouvé de mieux que de supprimer les sections européennes et de consacrer de moyens dégagés à  l'enseignement de l'arabe dès la classe préparatoire. Celle des banlieues sans doute ?  « Commençons par apprendre le français » déclarait le professeur Bernard Debré sur RMC avant de poursuivre : Cette décision ouvre la porte à l’enseignement des langues régionales ». Ce choix inexplicable  va à contre-sens de l'assimilation et de l'identité nationale, avec le risque de renforcer le communautarisme qui se développe dangereusement. La réforme du collège va parachever la fin  de l'école de la république qui n'a plus les moyens de transmettre l'héritage de Jules Ferry et de notre culture

La dégringolade

Nous vivons des moments d'ignorance et de vulgarité de la part des politiques( Najat Vallaud Belkacem parle de bruits de chiottes)  au point que de plus en plus de français s'éloignent des urnes, laissant le champ libre aux chantres du racisme et aux diviseurs d'une République qui a plus que jamais besoin de se rassembler.  Au lieu de cela, nous entendons des discours utopistes teintés de xénophobie acclamés par des aficionados brandissant le drapeau français comme rempart, ravis d’entendre sortir de la bouche de leur candidat ce qu’ils ont envie d’entendre. En face, ce n’est pas mieux, enfermés dans un fondamentalisme moyen âgeux, des bigots étrangers profitent de la faiblesse de notre démocratie et de notre société tétanisée pour faire régner la peur, et demain la terreur si nous continuons à tout accepter. 
Qu'on le veuille ou non, à peine commencée, l'année 2016-2017 nous donne déjà une idée des sujets politiques qui ne manqueront pas d’alimenter les prochaines campagnes présidentielles et législatives. Au-delà des questions de sécurité, chacun des candidats potentiels aura tôt fait de tomber dans le piège des  provocations  fomentées par ceux qui veulent nous conduire vers les excès... À titre d'exemple, le burkini dernier feuilleton pour journaliste en mal de sujets en cette période estivale. Ce tchador de plage qui transforme des femmes en grenouilles de mer serait nous dit-on, une atteinte à la sécurité publique, à la  morale, à l’hygiène, en un mot à l'ordre public. Une charge identique à celle faite aux seins nus dans les années 60. À la grande différence que le grand déballage de nichons ne s’accompagnait pas de racisme. Ces femmes victimes d'un  prosélytisme infectieux orchestré par des hommes qui n’ont aucun respect pour elles n'a d'autre but que  de provoquer notre société. Au moins, ça aura eu le mérite de réveiller les sages du Conseil d’État de leur sieste d’après-midi, et donner des arguments aux politiques pour nous pondre une loi( une de plus) qui ne sera jamais appliquée..  Selon Nicolas Sarkozy, les cinq années qui viennent seront celles de tous les dangers mais aussi, celles de toutes les espérances aussi. Voilà un type qui n’est jamais en retard d’une déclaration creuse. Dire qu’il y a encore des gens qui croient encore en lui !

En politique on est jamais mort !

Sans rien promettre, pour une fois, Alain Juppé s'en tient à vouloir rassembler et à éviter les surenchères. Il assure qu'il ne changera pas de ligne, face à ceux qui "se précipitent aux extrêmes et qui confondent "autorité" et "agitation", visant sans le nommer Nicolas Sarkozy, son principal concurrent à la primaire de la droite pour 2017. "J'ai choisi une ligne dont je ne me séparerai pas: rassurer les Français, les rassembler pour réussir les réformes", a t’il déclaré  lors du "Grand rendez-vous Europe1 iTELE/ Les Echos". Une attitude qui semble payer puisqu’il caracole  dans les sondages à 38% contre 24% pour Sarkozy au premier tour des primaires atteignant 63% au second tour. C’est mieux que lorsqu’il il était le premier ministre de Chirac en 1996 ou il plafonnait à …20% de satisfaction. Comme quoi, en politique on est jamais mort !  En fait, seule Marine Le Pen a l'assurance actuellement d'arriver en tête du 1er tour des présidentielles sans avoir à faire campagne. Une « notoriété » qu’elle doit au climat d’insécurité et  aux provocations qui divisent. Aux nuits debout et aux grèves à répétition qui nous ridiculisent. Sans parler des candidatures aux primaires aussi improbables qu’incongrues qui s'ajoutent les unes aux autres, brouillant s’il en était besoin le paysage politique. Macron a eu l'intelligence sur ce coup-là de ne pas  patauger dans ce marigot au milieu des frondeurs. Peu importe qu’il soit ou non élu, il incarne la nouveauté et la modernité dans ce monde poussiéreux de l’autre siècle. Mais c’est peut-être encore trop tôt pour les français !