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mardi 20 juin 2017

Vers une nouvelle France ?

Le Soleil, grand vainqueur du 2ème tour

De quelle France parlons nous? De celle des 56,6% d'abstentions pour ce 2ème tour, ou de celle d'En Marche qui vient d'obtenir les pleins pouvoirs avec 361 sièges à l'assemblée nationale pour les 5 prochaines années, ou bien des deux, l'une pouvant être la conséquence de l'autre. Avec 43,4% de participation à ce   2ème tour      des législatives,  la démocratie vient de recevoir une belle claque qui doit lui faire prendre conscience de ses lacunes à moins qu'elle ne reste aveuglée par le soleil qui a sévi en ce dimanche 18 juin.  Ce serait évidemment une erreur que de le prendre pour alibi pour justifier une démobilisation aussi forte  dont les causes sont à rechercher non pas dans les conditions climatiques mais dans les méthodes et les bavures de notre démocratie. Elles seules sont les vraies causes de cette révolution silencieuse que nous venons de vivre. Elle met deux Frances face à face: celle de l'abstention, sous -jacente  du renoncement  et de la colère que la France insoumise rêve de voir se propager dans la rue,   et celle d'En Marche dont le président entend exprimer  le changement, l'optimisme et l'espoir et redonner toutes ses lettres de noblesse à la République. Au fil du temps ces deux Frances se sont éloignées et se sont dégradées aux yeux de la population au risque de la faire tomber dans l'intolérance, la manipulation et l'absurdité des extrêmes.

La France n'a rien à gagner de cette situation due aux clans et aux ambitions personnelles qui n'ont cessé de diviser les partis et de se jouer des français les plus touchés par la récession. Que pouvaient vouloir dire les scores de la France insoumise et du Front National aux présidentielles alors qu'ils ont explosé aux législatives?  Ils n'ont été que l'expression ponctuelle des inquiétudes de la classe ouvrière, des Jeunes et des retraités.  Ces deux mouvements profitent du malaise ambiant mais ne proposent  qu'une marche vers l'inconnu.. Qu'ont bien pu vouloir dire ces primaires qui ont permis "la macronisation" de la gauche comme de la droite... en favorisant une lamination interne des partis sous tendue par l'émergence des égos et la désertion des plus ambitieux.  
La France vient de rebondir en  rejetant une politique jacobine macrocéphale dans laquelle les élus parlent plus qu'ils n'agissent , la faute à une centralisation des pouvoirs qui ne permet pas aux particularismes  et aux individualités de s'affirmer sans risques au bénéfice des populations locales, bien que la 5ème république ait toujours donné à son président  une majorité de députés de terrain   généralement très fidèles sauf au cour de  la  législature hollandaise.  Cela dit la fidélité est une chose; encore faut-il qu'en contrepartie, cette majorité soit entendue et écoutée. Quelle sera l'attitude d'Emmanuel Macron à cet égard? 

A l'évidence, il ne pourra se permettre de considérer sa majorité comme une garde Nationale toujours prête à mettre le doigt sur la couture du pantalon. La jeunesse des élus d'En Marche et la présence inédite de 223 femmes, sans formation politique pour certaines d'entre elles, vont changer la donne; les idées vont fuser et  les échanges plus directs devront être gérés.  Emmanuel Macron le sait; il  connaît les enjeux et n'a pas le droit à l'erreur;  Il n'aura pas d'autre choix que de créer et  de manager ce renouveau démocratique qui lui permettra d'atteindre ses objectifs et de faire progresser notre pays dans la sérénité sans les débordements de la rue que nous avons connus ces dernières années. De la diversité, il devra faire émerger l'unité .   Dans la Manche nous comptons sur l'expérience de Stéphane Travers, la passion et le verbe de Philippe Gosselin, l'équilibre et la pondération de Bertrand Sorre, l'ouverture et la jeunesse de Sonia Krimi, pour constituer une équipe unie et complémentaire capable d'en finir avec les vieilles querelles de notre département et le mettre En  Marche.