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samedi 10 septembre 2016

Mont-Saint-Michel Normandie


Une méga communauté d’accord, mais pour en faire quoi ?

Mont-Saint-Michel Normandie ce sera sans aucun doute le nom de la nouvelle Communauté de communes (souhaitée d'agglomération) issue de la fusion des cinq Communautés de l'Avranchin et du Mortainais. Un nom qui s'imposait aux élus, mais un nom qui leur impose aussi d'être à la hauteur de la merveille. Ce sera un vrai challenge qui exigera, travail ,unité et imagination.
Les élus de 55 communes (sur 109) représentant 62% de la population ont relevé le gant en disant oui au périmètre défini par le préfet de la Manche qui s'apprête à prendre un arrêté actant leur engagement qui doit les mener vers un projet politique ambitieux et solidaire. La partie n’est pas gagnée pour autant si l’on en croit les statistiques officielles  qui  ne   placent pas le Sud Manche  parmi les territoires les plus performants  de la Manche, (encore moins de la Normandie) en dépit de ses nombreux atouts liés à la diversité de son patrimoine, de son environnement et de ses ressources. Et si cette fusion était un opportunité pour retourner cette situation? Beaucoup le pensent y compris des collègues qui estimaient que nous aurions pu aller encore plus loin en associant Granville et Villedieu. Nous comptons donc sur eux également pour transformer l'essai.

 Sans revenir en arrière, on peut penser que le Sud Manche a été un peu victime des choix économiques du département à une époque où l'on pensait que le pays du Mont-Saint-Michel était l'enfant gâté de la Manche avec le tourisme et l'agriculture qui ont été très longtemps considérés comme le fer de lance de la réussite du sud manche. Un mauvais calcul, car depuis 50 ans, les 3/4 des entreprises agricoles ont disparu, engendrant une désertification  rurale qui se poursuit aujourd’hui. Même si ce territoire tire toujours, et pour une large part, 50% de ses revenus des produits agricoles, le compte n’y est pas..

Explorer de nouvelles pistes

Pendant ce temps, on orientait le Cotentin vers le nucléaire, puis vers les énergies renouvelables  avec les hydroliennes, aujourd'hui, et le stockage de l'énergie en hydrogène et on le dotait d'une technopole. Le Centre Manche quant à lui se réservait l'agroalimentaire et bénéficiait d'une structure de développement avec Actalia, elle-même adossée à des établissements de formation. Ainsi, considérant que le Sud Manche était bien servi, cela devenait un prétexte pour ne pas explorer de nouvelles pistes et retarder l'aménagement du territoire. Il aura fallu attendre la fin du 20ème siècle pour désenclaver le Sud Manche. La construction de la route des estuaires ( A84)  a favorisé le développement d'une belle zone commerciale au Sud d'Avranches à équidistance de Caen et de Rennes. Une bouffée d’oxygène que l'on doit à René André député d'Avranches à l'époque mais il y a un MAIS... Nous ne disposerons jamais de la rocade Est promise par l'État á Pierre Aguiton alors président du département qui avait pourtant aligné 500 millions de francs; les terrains auront été achetés pour rien en faire. Allez, oublions les responsabilités et pensons au présent et à l'avenir avec l'aménagement de la D911 reliant Avranches à Granville. Lors de la dernière mandature du conseil général, nous avons fait le choix de la déviation de Sartilly et décidé d'acquérir tous les terrains nécessaires à son aménagement définitif, en commençanht par la déviation de Marcey les Grèves, soutenue par la Région.

 Mais que de temps perdu! Le secteur industriel en a subi les conséquences. Entre 2010 et 2015, le bassin d'emploi d'Avranches se classait en dernière position en Normandie pour la création d'entreprises. Les statistiques de la chambre des métiers  le coiffent même du bonnet d’âne en bon dernier de la classe à 10 points derrière le bassin saint lois qui, avec une progression de plus de 15%, se hisse parmi les bons élèves devant Cherbourg et Coutances. Aussi pouvons nous espérer que cette nouvelle communauté du Mont Saint Michel sera le début d'une véritable métamorphose pour l'Avranchin et le Mortainais à qui on a promis tant de choses D'autres grands chantiers nous attendent , la dépendance par exemple et la Silver économie où il y tout à faire et à inventer. J'étais hier au CNSA à Paris pour cela. J’y reviendrai.

Certes, le tourisme au pays du Mont Saint Michel doit rester un élément fort dans la compétition  de notre territoire, mais prenons garde que ce poumon économique ne devienne une respiration sous assistance. Pour s’en convaincre il suffit de se pencher sur les chiffres de la fréquentation touristique cette année. Une dégringolade liée à la conjoncture sécuritaire d’accord, mais pas seulement. Les cars de touristes ne viennent que pour le Mont-Saint-Michel avant de regagner la capitale pied au plancher sans autre visite, sauf à pousser sur Saint Malo pour y dormir.

Arrêtons l’autosatisfaction

J’ai beaucoup écrit sur le sujet et je persiste: notre développement économique doit s’inscrire dans la durée et non à géométrie variable. Et j'ajouterai que le Mont Saint Michel ne doit plus seulement être un lieu de passage mais un terre d'accueil support de nouveaux départs et de nouvelles réussites. Grâce à une organisation rationnelle et coordonnée ainsi qu'à un aménagement territorial susceptible d'offrir ce que tout chef d'entreprise est en droit d'attendre : un accueil, une offre immobilière, une main d'œuvre de qualité et motivée, une communication tournée vers l’extérieur etc.  alors nous pourrons y parvenir. « Si vous ne venez pas dans la Manche, la Manche ira à vous », voilà notre slogan. Et pour les jeunes créateurs qui veulent revenir au bercail, un programme adapté pour les aider à franchir les étapes (et les chausse-trappes) de la création d’entreprise. Pour réussir ce pari, il va bien falloir arrêter les déclarations d’intention et passer aux actes, mais surtout se disculper en pratiquant la politique de l’autruche. Un tel niveau d’inertie deviendrait du génie mais ce n'est pas de ce génie dont nous avons besoin .

Ce dont nous aurons besoin, c’est de volonté, d'unité et de stratégie.

Il s’agira de répondre à des besoins nouveaux et de garder notre potentiel créateur; la jeunesse.Les exemples de créations d'entreprises sur le territoire et de réussites de jeunes manchois ne manquent pas, mais si peu nombreux qu'ils sont anecdotiques. Pour que des Remaide in France, Atoll, Contact ,Nomotech…et d’autres ne restent pas des cas isolés, il faut nous creuser les méninges. C’est la priorité à laquelle je compte bien m’atteler avec celles et ceux qui partagent avec moi cette vision des choses. La Communauté d’agglomération de Mont-Saint-Michel devra être à la hauteur des attentes qu’elle suscite, et devenir un tremplin pour des ambitions collectives visant à la cohésion territoriale.