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vendredi 13 juin 2014

Réforme: HOLLANDE joue avec nos territoires

"On a des hommes politiques que le monde entier nous envie. Ils pourraient venir les chercher ».  Coluche
Que l’on ait aimé ou pas De Gaulle, Giscard, Mitterrand, Chirac et Sarkozy, force est de constater qu’ils n’ont jamais atteint un seuil de discrédit aussi important que François Hollande. Et ça ne risque pas de s’arranger. Un sondage du 9 juin réalisé par YouGove pour le Huffington Post, montre un effritement de la popularité du chef de l’Etat qui recule encore de 1 point. Alors, que faire lorsque les français ne croient plus en vous sinon se retirer?  Dans sa chute, son premier ministre Manuel Valls perd aussi 4 points et passe à 48% (le Nouvel Observateur). Je ne reviendrai pas sur la valeur des sondages, mais tout de même, Jamais dans l’histoire de la Ve république un président n’avait été aussi impopulaire. Désormais, quoi qu’il pense (…), quoi qu’il fasse, son action,  est entachée d'improvisation,d'inconscience et d'irresponsabilité. Bien sûr, nous avons connu pire dans notre histoire à l’instar du président Paul Deschanel tombé d’un train en 1920 que l’on  retrouva en pyjama errant sur la voie ferrée ou grimpant dans les arbres du parc de l’Élysée en se prenant pour un félin… Ce qui fit dire à Clémenceau : "c'est la tête qui entraîna le reste pour la première fois et le fit tomber du train"... Cette fois, avec un président casqué sur son vespa, nous sommes entrés dans un autre registre, mais c’est la France qui risque de  perdre la tête, si le train fou dans lequel les français sont embarqués continue de rouler dans l’obscurité, comme dans le livre de Dürrenmatt : Le Tunnel.
En panne d'idées, notre président normal a décidé de s'en remettre à sa bonne étoile; la réforme territoriale sera sa planche de salut  et l'égoïne de sa boite à outils sera son arme fatale au cours des trois années qui lui restent à sévir.. Cette fois, il va s’attaquer fermement au redécoupage des régions sur le mode dépeçage. Pendant ce temps-là, au moins, les français et les médias auront un os à ronger  qui les fera oublier le chômage, la dette qui ne cesse de grossir, la baisse du pouvoir d’achat, le taux du livret A qui vient encore de baisser etc. Pour peu que la France gagne au mondial du foot, il gagnera au moins quelques points.

 Des chiffres et des lettres…
Pour autant, même si la moitié des français estiment nécessaire de « lifter » la carte des régions, tous s'inquiètent sur la méthode à la hussarde d'un président qui se prend désormais pour Napoléon et souhaite entrer dans l'histoire par la grande porte en restructurant la France..  Au 1er janvier 2012, la France comptait 2581 communautés de communes et 35303 communes regroupées dans un Établissement Public de Coopération Intercommunale, 15 communautés urbaines, 1 métropole, 202 communautés d'agglomération et 5 syndicats d'agglomération. Au 1er janvier 2014, 678 communautés de communes ont été absorbées par des fusions portant leur nombre à 1903 pendant que les communautés d'agglomération passaient de 202 à 222; il reste ainsi 2146 EPCI à fiscalité propre et 36612 communes sont désormais membres d'un EPCi, dont 27400 de moins de 1000 habitants qui, dans les communautés de 20000 habitants n'auront plus guère qu'un représentant... Autant dire qu'elles seront diluées dans des instances pléthoriques. Une manière hypocrite et pas très courageuse de les éliminer en les rendant inaudibles. En bon spécialiste des « petites blagues » Hollande nous en a concocté une bien bonne en affirmant dans son discours sur la réforme,  l'importance des petites communes (sic) " Au plus près des habitants, la commune est l'institution à laquelle les français sont le plus attachés. C'est dans ce cadre que se pratiquent chaque jour la solidarité et la citoyenneté. Elle doit demeurer une petite république dans la grande. La spécificité de notre pays c'est de compter 36700 communes ». Même pas drôle !

  Qu'en sera t-il de cette réforme territoriale?

Nous sommes nombreux à espérer qu'une vague de fond  remonte des territoires, portée par les élus et les fonctionnaires territoriaux qui s'interrogent sur leur avenir dès lors que les économies annoncées confusément entre 12 et 25 milliards doivent se faire principalement sur la suppression des fonctionnaires territoriaux, au prétexte qu’ils sont beaucoup trop nombreux... Une "analyse" balayée immédiatement par l'agence de notation Moody's qui assure qu'une telle réforme territoriale n'apportera aucune économie. Les dépenses seront redistribuées sur d'autres structures ainsi que les personnels comme c’est le cas  actuellement. C'est, en effet ce que l'on observe là où les fusions se sont réalisées. Les sièges des anciennes communautés de communes n'ont pas été supprimés pour des raisons de proximité, ou par respect des  habitants et des personnels. Seuls quelques administratifs se sont transformés en agents ambulants pour aller donner leur savoir dans la capitale communautaire. Une belle leçon en matière d’économie d'énergie.
Bref, une fois de plus nous subissons les turpitudes du locataire de l’Élysée qui, fidèle à lui-même navigue à vue. Il change de cap pour insuffler le changement au pays et à toutes ces communautés de communes incrédules. À peine constituées, elles vont devoir à nouveau plancher sur de nouveaux regroupements quitte à oublier ces nouveaux cantons créés en 2013 et ces binômes qu'il faudra élire en 2015 bien qu'il prévoit de les supprimer en 2020. Pourquoi ne pas laisser les conseillers généraux actuels terminer leur mandat jusqu'en 2017 plutôt que d'en solliciter de nouveaux, dont 50% de femmes qui seront éjectées après six années d'essai.?  Stupide et méprisant pour ces femmes qu'il prend pour des kleenex sous prétexte de parité! 
 
Docteur Follamour

 Nous en avons assez de cette ivresse du changement et de la nouveauté. Assez de passer pour des cobayes. Les élus ne sont pas des souris de laboratoire. Il serait tellement plus sérieux de se pencher sur le bilan des premières fusions de communautés et d'en tirer les   enseignements. Lâchez vos mains des manettes un instant messieurs les ministres et interrogez les maires pour connaître leur avis sur l'avenir de leurs communes. C’est vrai que la plupart ne sortent pas des grandes écoles, et ne cèdent pas facilement aux flagorneries d’usage dans les ministères. Bien campés sur leurs terres, ils savent rester à leur place, mais beaucoup sont prêts à s'investir dans des regroupements; alors  arrêtons de les prendre  pour des imbéciles en les flattant par des phrases démagogiques. Tous sont conscients dans le monde rural qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. C'est une question de bon sens. 






samedi 20 juillet 2013

Le choc de simplification de François Hollande

La réglementation: le parapluie des bonnes consciences.

Le choc de simplification prôné par le premier ministre mettra t-il enfin un terme aux contraintes administratives qui s'ajoutent tous les jours les unes aux autres ? Espérons que ce ne sera pas que de la poudre de perlimpinpin, histoire de nous faire croire que la France, championne toutes catégories en matière de paperasserie administrative, se modernise et se simplifie.

Parapactum pare-balles
Des ministères  où les lois pondues par le parlement sont mises au point... au terrain où le fonctionnaire est chargé de faire respecter les textes qui permettent leur application, l'esprit de la loi a eu le temps de se dissoudre  dans le bouillonnement des interprétations d'une administration cautionnée par des commissions Théodule dont la compétence s'arrête souvent aux certitudes ou à l'idéologie de ses membres. C'est ainsi! Il en est des textes comme de la rumeur, transformée au gré de ceux qui la colportent. Le voyage a été long, avant que ces textes arrivent sur la table du chef de service puis du préposé qui, derrière sa banque,  retrouve  toute son autorité en s'adressant au citoyen mécontent: "c'est pas moi qui fait les lois  mon bon monsieur; adressez vous à vos parlementaires si vous êtes pas content"...  certainement, mais de décrets en arrêtés, en circulaires puis en notes, les lois  n'arrivent pas indemnes... En définitive c'est l'interprétation du chef de service qui fait  loi...le citoyen  la subit; quant à l'élu il est arrosé par l'eau du parapluie, voire du parapactum que l'administration ne manque pas d'ouvrir.

Les premières fusions de communautés de communes ont été un exemple révélateur; tout le monde s'est retrouvé dans une situation cauchemardesque, les services de l'État y compris; ils ont du avoir recours aux instances  nationales pour se sortir d'un imbroglio administratif dont les élus locaux ont été les premières victimes. La nouvelle communauté de communes du Mortainais essuie les plâtres et navigue à vue; on lui laisse tout de même le bénéfice de deux années pour se mettre au point sur ses compétences et ses finances. L'atterrissage va être sportif lors des prochaines élections municipales, communautaires et départementales de 2014 et 2015.

Un crash landing en perspective

 Tous les élus ne sortent pas de... polyclinique me disait hier un "éducateur sportif". Une aubaine pour l'administration qui garde ainsi sa mainmise , profitant de leur candeur pour les  soumettre  à des commissions souvent plus radicales que les services de l'État. Récemment j'ai évoqué les avis, réservé ou défavorable, du SCOT et de la Commission départementale constituée de membres du monde agricole et d'associations environnementales à propos du PLU de la commune  de Brécey qui  a commis le sortilège de permettre quelques constructions dans les dents creuses de 15 des 105 hameaux de la commune. Comme par hasard, la commission des structures du canton de Brécey composée essentiellement d'agriculteurs vient de se réunir pour donner son avis sur ce PLU.  Après étude de tous les hameaux, plans et documents aériens à l'appui, seul un hameau a prêté à interrogation; il est suggéré de le remplacer par un autre. Qui a raison? Les agriculteurs du canton ou leurs représentants départementaux? Une telle mésentente n'est pas une découverte; dans d'autres domaines, le pachyderme syndical prend souvent ses distances avec le troupeau.

Toutes les collectivités connaissent ces difficultés à l'instar du maire de Saint Jean le Thomas qui ne décolère pas de devoir refaire son PLU pour une question de retard de quelques semaines... Résultat, plusieurs années et beaucoup d'argent de perdus. Les petites comme les grandes communes  ne sont pas épargnées. Rattrapé par les procédures d'associations environnementales qui ont retardé ou annihilé  de nombreux projets routiers, le conseil général de la Manche en a fait également les frais. Tiraillé entre les attentes de la population et des collectivités, la réforme de ces dernières le privant désormais d'une partie de ses recettes fiscales, il ne pourra plus atteindre tous ses objectifs. La départementale Avranches-Granville qui était dans les tuyaux sous la présidence de Pierre Aguiton a été mise au tapis à la fin des années 90;  une première tranche de travaux vient tout de même d'être engagée.. Mais à quand la dernière? Aux calendes grecques probablement.

La sécurité, elle aussi, a bon dos; ainsi, l'administration revient à la charge pour l'agrément de la cuisine centrale de Brécey lié à celui de ses fournisseurs. Ils doivent avoir un agrément spécial si plus de 30% des repas sont transportés sur un autre site... pour la cuisine de l'école primaire, 31% des repas sont portés à l'école maternelle. La collectivité a cru trouver la parade pour ne pas mettre en difficulté la boucherie de la supérette qui ne peut être agréée dans ce cas. Elle a réduit ses achats chez ce fournisseur afin que ses produits ne servent qu'à la confection des repas non transférés donc consommés dans la cantine de l'école primaire. La présence de deux cuisinières permet en effet de différencier les repas des deux écoles. Et bien c'est niet. L'administration ne transige pas avec la loi:  pas de demi mesure!   les fonctionnaires zélés soupçonnent les élus de vouloir organiser un système qu'ils ne pourraient pas contrôler ! On ne sait jamais; avec les élus tout est possible; quant aux conséquences sur le commerce local et l'emploi, vous pensez bien que ce n'est pas le souci des fonctionnaires qui ont la sécurité de l'emploi. La réglementation d'abord. La sécurité alimentaire de nos chères petites têtes blondes ne peut pas être laissée entre les mains de n'importe qui.

Pauvre France! Elle aura décidément bien du mal à se sortir de la toile d'araignée dans laquelle elle s'est enfermée. Et elle ne l'a pas tissée d'hier. Aujourd'hui la question de l'accessibilité s'ajoute aux problèmes de sécurité des bâtiments publics... Et revoilà de nouvelles dépenses en perspective.  S'il n'y avait que les collectivités à être freinées et à  payer, ce serait trop simple. Les entreprises sont tout autant concernées, voire plus. Un jeune commerçant qui s'est installé dans la restauration voici six années avec tous les agréments des services vétérinaires se voit aujourd'hui dans l'obligation de refaire des travaux conséquents, les normes ayant changé depuis... La charge fiscale lui portant le coup de grâce, il a décide de rendre son tablier pour s'en aller tenter sa chance à l'étranger. Six emplois sont en jeu.

Une petite dernière pour la fin , histoire de nous miner le moral par ces belles journées d'été.

Gallus, notre emblème,
a un avenir précaire
 Dernièrement la Cour des Comptes fait état de l'envoi de 80000 pages de circulaires adressées aux préfets en 2012, dont 27 pages seulement pour la réglementation des poulaillers. Saviez vous qu'un coq dans un poulailler a le droit de chanter deux fois dans la journée, le matin et le soir; au delà de ce quota, le chant devient répréhensible et passible d'une plainte. Aller faire comprendre ça au coq, c'est une autre affaire. On peut toujours lui tordre le cou pour le plonger dans un bon vin. En définitive les poules seront privées de leur coq. Dommage tout de même pour la parité chez les gallinacés, pour la reproduction et le plaisir d'entendre le coq chanter. C'est aussi une mauvaise affaire pour les gaulois qui perdent leur emblème. Nous croulons et nous mourrons de ces inepties dénoncées en son temps par Alain Peyrefitte . Franchement si notre bon François veut vraiment entrer dans l'histoire de France, il doit commencer par nous débarrasser rapidement de cette armure administrative qui nous prive de cette liberté de mouvement dont nous avons cruellement besoin. Il est temps de revenir à une gouvernance normale qui fait confiance aux élus.



vendredi 19 octobre 2012

EDUCATION: VINCENT PEILLON S'ENLISE


 


Le discours de Francois Hollande sur l'éducation laissait entrevoir de bonnes intentions... Le retour à la semaine scolaire de 4 jours 1/2 constitue une démarche intelligente et réaliste... Patatras! Les pseudo pédagogues en chaise longue , les idéologues et les parents bobos qui pullulent dans les instances nationales des fédérations de parents d'élèves ont eu raison de Vincent Peillon, désormais le VrP de la démagogie syndicale qui chasse les candidats des concours d'enseignants.On rêve d'un monde idéal pour l'éducation , un monde qui voile les différences et prépare les enfants à entrer dans une société solidaire et généreuse. On rêve d'égalité et d'un pays sans échec oubliant que la réussitede la Francese trouve dans la diversité et la capacité de sa jeunesse à travailler, à créer et à franchir les obstacles que la vie ne manquera pas de mettre sur leur chemin.

La réforme de l'éducation va-t-elle dans ce sens avec la suppression desleçons et devoirsà la maison et celle des notes sanctions,désormais prohibéespour éviter tout traumatisme et toute notion d'échec? Nous pouvons en douter. Certes les enseignants auront éventuellement le droit de remplacer les notes par des couleurs, bleu,blanc, rouge par exemple...un peu d'instruction civique ne peut pas faire de mal; nous pouvons craindre,cependant, qu'elles ne soient qu'unbien piètre pis aller. Bref, le sort en est jeté. Fini les devoirs à la maison. Tout sera désormais fait à l'école, pendant la dernière 1/2 heure de cours avec l'ensemble des élèves. Après la classe, ce sera soit la garderie jusqu'au retour des parents, soit la maison avec la télé ou bien encore la rue avec les copains ou les" grands frères"; les plus favorisés continueront de bénéficier d'un dialogue avec la famille qui ne manquera pas de revenir sur la journée de classe , de vérifier les acquisitions et de préparer la journée du lendemain. Alors me direz vous," les plus défavorisés auront tout de même pu faire leurs devoirs et apprendre leurs leçons"; pendant 1/2h en effet! "c'est une question d'égalité."

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle de nombreuses collectivités ont fait l'effort de mettre des structures en place pour s'occuper des orphelins de 16heures. Certaines proposent même du soutien pour les plus faibles, avec un éducateur pour 5 ou 6 enfants.. Pour autant, interdire des devoirs à la maison, c'est niveler par le bas et confondre égalité et égalitarisme ; c'est également priver les enfants qui auraient besoin du soutien de leurs parents , c'est enfin donner bonne conscience aux familles qui restent à l'écart des questions scolaires de leurs enfants...
 
Pour parfaire la situation, les parents n'auront plus la possibilité de suivre correctement l'évolution de leur scolarité faute d'avoir une évaluation précise. Privés de notes ils devront se contenter d'une couleur ou d'une lettre. Certes, il existe des parents qui ne mettent pas jamais le nez dans le carnet de notes de leurs rejetons; d'autres, en revanche, y sont très attentifs. Leur vigilance permet souvent de remédier sans retard aux difficultés ou faiblesses que leurs chérubins peuvent rencontrer pendant une année scolaire.. Difficultés dont les causes ne sont pas toujours seulement intellectuelles. A première vue, le passage de la lettre A à la lettre B peut ne pas attirer l'attention; toutefois, la lettre A étant généralement étalonnée de 17à 20 et la lettre B de 13 à 16, la chute peut être de 7 points; ce n'est pas rien! Pas étonnant que des enseignants insatisfaits de ce genre d'évaluation s'expriment avec des A++ ou des B--. Avec des couleurs, on imagine qu'il leur faudra toutes les teintes de l'arc en ciel à l'exception du rouge qui sera sûrement banni pour sa connotation très négative. Tout cela n'est pas anodin. Nous pouvons comprendre que bien des enfants réclament aussi les notes car ils les trouvent plus stimulantes... sans compter sur le fait qu'elles peuvent contredire des observations d'enseignants parfois bien enracinées.
 
En fait, Il est absurde de penser que la note est une sanction et qu'elle sert à classer les enfants en catégories. Les différences de niveau entre les élèves sont hélas parfois tellement criantes, à l'oral comme à l'écrit, qu'elles n'ont pas besoin d'être chiffrées. La note n' est qu'une évaluation parmi d'autres qui permet à l'enfant de suivre les résultats de son travail, et d'approcher ses propres difficultés. La note facilite la mesure de l'effort et de la progression. Elle encourage, récompense et responsabilise. A l'inverse, évidemment, elle peut être source de renoncement bien qu'un élève faible puisse être aussi encouragé par la mise en valeur de quelques progrès dès lors qu'ils ne sont pas dilués dans une évaluation enlisante.
 
Qu'on ne s'y trompe pas; la suppression des devoirs à la maison et des notes amènera très rapidement celle des examens . Les idéologues et sociologues de l'éducation n'ont pas quitté la Rue de Grenelle. Le discours d'Orléans de Francois Hollande sur la refondation de l'école n'est plus d'actualité; les paroles sonnaient pourtant bien mais les vents de l'été 2012 les ont dispersées au profit d'une utopie consternante qui s'évertue à entraîner la France dans une torpeur et une mollesse décadente dont les prochaines générations paieront la note. Les hommes de demain sont dans nos écoles; encore faut-il qu'elle en fasse des hommes et que Vincent Peillon n'autorise pas le cannabis à l'école pour calmer les traumatismes des notes sanction..



 

 

 

 

 

 

 

dimanche 7 octobre 2012

Elections cantonales 2015

                    


    52 conseillers généraux, soit un élu pour 9500 habitants en moyenne;
                                               demain, un binôme pour 19000

Lors des États Généraux de la démocratie territoriale, François Hollande a appris aux français qui ne connaissaient pas le programme socialiste que le mode de scrutin des prochaines élections cantonales tiendrait compte de deux priorités: l'ancrage territorial et la parité. Marylise Lebranchu a déjà prévu le changement: les électeurs auront désormais à choisir un couple (mixte) de candidats sur des cantons revus et corrigés qui tiendront compte également de la représentativité des conseillers généraux.

Aujourd'hui, avec la désertification des campagnes, la densité de population sur les territoires n'est plus là même;  un juste rééquilibrage en faveur des zones urbaines peut se justifier... Mais il faut convenir que ce rééquilibrage aura nécessairement des incidences politiques dans les départements ruraux . Ainsi prenons l'exemple du département de la Manche et de ses territoires, le pays du Mont saint Michel, par exemple; il  pourrait être réduit à 7 cantons . Il serait alors représenté par 7 binômes soit 14 conseillers généraux au lieu de 18 actuellement si aucun critère de proportionnalité n'est ajouté à l'élection. En allant un peu plus loin dans les hypothèses (d'école bien entendu), les 16 conseillers généraux du groupe de la gauche étant issus de territoires urbains ou littoraux pour 12 d'entre eux, le vote par couple serait susceptible de lui assurer  24 élus d'emblée; à deux élus prés la gauche pourrait avoir la majorité si le nombre de conseillers généraux était maintenu à 52.

N'anticipons pas et gardons nous de faire un procès d'intention. Pour autant, il semble évident que la France rurale, près de 75% du territoire- plus de 80% dans la Manche- serait sous représentée si la représentativité ne devait s'établir qu'avec le seul critère du nombre d'habitants. Nous serions d'ailleurs surpris si nous nous amusions à calculer le poids d'un conseiller général à son seul nombre de voix  ; aux dernières élections cantonales quelques élus urbains, dans la Manche comme ailleurs, ont obtenu un score qui  représentait moins de 25% des électeurs au 2ème tour. Pour peu que le candidat ne soit pas maire ou président de communauté de communes, il reste souvent, hélas, un illustre inconnu pour la majorité des habitants des villes car son action n'est pas toujours lisible sur le terrain; il en est de même pour le conseiller régional. Le vote devient alors principalement politique.

Certes, nous devons admettre la nécessité d'un rééquilibrage entre l'urbain et le rural; le nombre d'électeurs peut varier de 1 à 10, dans la Manche; mais nous pouvons aussi déplorer que le vote par binôme ne permettra pas de réaliser des économies. Il est vrai que la réforme proposée par Nicolas Sarkozy, avec l'élection d'un conseiller territorial, n'était guère plus économe. C'était également une réforme politique qui visait à reconquérir les Régions. Elle avait néanmoins un avantage, celui de créer des liens dans la gouvernance des départements et des Régions; voici une quarantaine d'années, les conseillers régionaux étaient des conseillers généraux désignés par leurs pairs. Ce dispositif électoral avait l'avantage d'éviter toute concurrence entre les deux collectivités et de renforcer leurs complémentarités. Les communes et les communautés de communes fonctionnent d'ailleurs sur ce mode de gouvernance à la satisfaction de tous les habitants et des élus, ce qui semblerait devoir être maintenu. Il faut reconnaître que , localement, la politique politicienne n'a pas la même importance. On ne s'en porte pas plus mal, bien au contraire.