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dimanche 7 octobre 2012

Elections cantonales 2015

                    


    52 conseillers généraux, soit un élu pour 9500 habitants en moyenne;
                                               demain, un binôme pour 19000

Lors des États Généraux de la démocratie territoriale, François Hollande a appris aux français qui ne connaissaient pas le programme socialiste que le mode de scrutin des prochaines élections cantonales tiendrait compte de deux priorités: l'ancrage territorial et la parité. Marylise Lebranchu a déjà prévu le changement: les électeurs auront désormais à choisir un couple (mixte) de candidats sur des cantons revus et corrigés qui tiendront compte également de la représentativité des conseillers généraux.

Aujourd'hui, avec la désertification des campagnes, la densité de population sur les territoires n'est plus là même;  un juste rééquilibrage en faveur des zones urbaines peut se justifier... Mais il faut convenir que ce rééquilibrage aura nécessairement des incidences politiques dans les départements ruraux . Ainsi prenons l'exemple du département de la Manche et de ses territoires, le pays du Mont saint Michel, par exemple; il  pourrait être réduit à 7 cantons . Il serait alors représenté par 7 binômes soit 14 conseillers généraux au lieu de 18 actuellement si aucun critère de proportionnalité n'est ajouté à l'élection. En allant un peu plus loin dans les hypothèses (d'école bien entendu), les 16 conseillers généraux du groupe de la gauche étant issus de territoires urbains ou littoraux pour 12 d'entre eux, le vote par couple serait susceptible de lui assurer  24 élus d'emblée; à deux élus prés la gauche pourrait avoir la majorité si le nombre de conseillers généraux était maintenu à 52.

N'anticipons pas et gardons nous de faire un procès d'intention. Pour autant, il semble évident que la France rurale, près de 75% du territoire- plus de 80% dans la Manche- serait sous représentée si la représentativité ne devait s'établir qu'avec le seul critère du nombre d'habitants. Nous serions d'ailleurs surpris si nous nous amusions à calculer le poids d'un conseiller général à son seul nombre de voix  ; aux dernières élections cantonales quelques élus urbains, dans la Manche comme ailleurs, ont obtenu un score qui  représentait moins de 25% des électeurs au 2ème tour. Pour peu que le candidat ne soit pas maire ou président de communauté de communes, il reste souvent, hélas, un illustre inconnu pour la majorité des habitants des villes car son action n'est pas toujours lisible sur le terrain; il en est de même pour le conseiller régional. Le vote devient alors principalement politique.

Certes, nous devons admettre la nécessité d'un rééquilibrage entre l'urbain et le rural; le nombre d'électeurs peut varier de 1 à 10, dans la Manche; mais nous pouvons aussi déplorer que le vote par binôme ne permettra pas de réaliser des économies. Il est vrai que la réforme proposée par Nicolas Sarkozy, avec l'élection d'un conseiller territorial, n'était guère plus économe. C'était également une réforme politique qui visait à reconquérir les Régions. Elle avait néanmoins un avantage, celui de créer des liens dans la gouvernance des départements et des Régions; voici une quarantaine d'années, les conseillers régionaux étaient des conseillers généraux désignés par leurs pairs. Ce dispositif électoral avait l'avantage d'éviter toute concurrence entre les deux collectivités et de renforcer leurs complémentarités. Les communes et les communautés de communes fonctionnent d'ailleurs sur ce mode de gouvernance à la satisfaction de tous les habitants et des élus, ce qui semblerait devoir être maintenu. Il faut reconnaître que , localement, la politique politicienne n'a pas la même importance. On ne s'en porte pas plus mal, bien au contraire.