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samedi 12 juillet 2014

CopéCabana : la désolation

La défaite de l'équipe brésilienne au Maracana a engendré la désolation sur la plage de Sacopenapa devenue Copacabana  depuis près de deux siècles; beaucoup de twitters se sont plus à assimiler cette déroute à celle que vit l'UMP actuellement à "Copécabana" y voyant beaucoup de similitudes. Proportionellement, entre les 7 buts mis par l'Allemagne dans les buts de l'équipe du Brésil et les 70 millions passés à travers les mailles de celui du parti , il y a de quoi, en effet, faire un parallèle entre les deux situations... Un vrai tsunami s'est abattu sur la cabane de Copé qui, à la différence de Scolari, l'entraineur brésilien, n'entend pas assumer ses responsabiltés, les rejetant sur les  membres d'une équipe dont les divergences grandissent de jour en jour.

A l'image de la Seleçao, dont les buts étaient gardés par Julio César , ceux de l'UMP étaient confiés à Cesari, un corse, fidèle de Pasqua et de Sarkozy dont il fut directeur de cabinet avant d'être placé à la direction  de l'UMP en 2008, une manière pour le capitaine, le vrai, de garder un œil dans la cabane et d'ouvrir les portes aux jeunes loups de la droite forte, Geoffroy Didier et Guillaume Peltier qui exigèrent la mise à la porte de l'intransigeant David  Biroste. La cage gardée par Césari devient alors une passoire et encaisse toutes les dérives malgré une bonne défense composée d'un quatuor de choc avec Cesari, Lavrilleux, Liadze et Chassat bien payés. Leurs quatre salaires, charges comprises, atteignent 600000€ par an . Geoffroy Didier, quant à lui, est à la tête de l'attaque chargé d'enfoncer l'adversaire; il perçoit 8000€ nets/mois pendant que  Rachida Dati, surnommée à Bruxelles, Jamela Dati, obtient 10000€ pour toutes ses relations téléphoniques annuelles, 7000€ pour sa collaboratrice et 13000€ pour ses billets de train et d'avion alors qu'en sa qualité de députée européenne, elle bénéficie de la gratuité des transports... Cela dit ce n'est rien à côté de l'épouse du président, son assistante, également par monts et par vaux pour préparer les rencontres.

L'équipe brésilienne va être totalement modifiée; Fred, lui, parle  de s'exiler. L'équipe de Copécabana ne l'entend pas ainsi, même si un triumvirat en prend la direction.  Cesari, le gardien de l'équipe attend le retour de son attaquant favori, blessé, certes, par toutes les procédures qu'il doit affronter, mais toujours aussi combatif  et à l'abri des invectives de ses "amis". Le temps est venu de faire appel aux fidèles supporters,  prêts à  faire place nette pour préparer le retour de leur Neymar français. Le temps presse. Les prochaines rencontres s'annoncent favorables pour une finale historique où les français de tous poils se retrouveront unis, comme en 2002, pour vaincre une équipe bleu marine qui a le vent en poupe.  C'est ainsi, à CopéCabana,  le maracana est devenu une arrière boutique où le billard français à trois bandes est l'un des sports préférés.



samedi 31 août 2013

Rentrée scolaire 2013

 Quand faut y aller, faut y aller...


Qu’ils soient lycéens, collégiens ou écoliers... C'est toujours avec un pincement au coeur que les élèves reprennent le chemin de l'école, parfois en traînant les pieds avec cette question qui les taraude : "retrouverai-je mes copains dans ma classe? Mon emploi du temps sera t-il conciliable avec mes activités? Et les profs? pourvu que... etc..." Et ça dure depuis cent quinze ans !  Évidemment, les parents aussi s’ interrogent et s’inquiètent; l'équilibre et la réussite de leur (s) progéniture (s) est en jeu. Il est vrai que la réussite dépend de la capacité individuelle de l’individu mais aussi de la qualité de l’enseignement.  La relation du prof avec sa classe, ses exigences, son assiduité, sa tenue personnelle, sa psychologie, sa pédagogie  sont autant d'atouts ou de faiblesses pour la réussite de l'élève; on se souvient tous de l'influence d'un maître dans notre parcours scolaire .   J’entends déjà les enseignants : ça y est, c’est encore de la faute des profs !

Une école pour apprendre? Vous rigolez!


Non bien sûr, mais comme il faut un fusible pour éviter la surchauffe du système éducatif à la française les profs sont les premiers à trinquer… À dire vrai, je m'interroge plus sur les contenus de l'enseignement d'aujourd'hui que sur le contenant. A preuve...Cet été, pendant les vacances, j’ai été amené à m’intéresser aux connaissances d’un garçon  de ma famille qui envisage déjà Polytechnique alors qu'il n'entre qu'en troisième, et d’en profiter pour tester ce qu’il est sensé avoir acquis en 4e... Pour les insuffisances, j’ai d’abord eu droit  à l’alibi du prof absent et des quatre remplaçants pendant l'année... Des arguments éculés qu’on se refile de père en fils…Mais bon, admettons; feignons d’y croire! En histoire, une matière ou je m’attendais à le voir briller de tous ses feux puisqu’il caracole en tête, Il n’a pas échappé au siècle des lumières, la révolution, Bonaparte, et Napoléon un peu tricard dans les programmes...Aïe, ça commence mal... Voltaire ne semble pas l’éclairer; Il a été évoqué, ça oui, mais de là à en parler c’est une autre histoire…Tant pis pour Voltaire, après tout c’est de la faute à Rousseau chantait Gavroche sur les barricades; tentons un autre philosophe qui illustre cette période. La bouche ouverte, les yeux en l’air le jeune garçon totalement amnésique tente désespérément de chercher une bouée de sauvetage. « Ah, ces foutus philosophes, comme si j’en avais besoin pour résoudre une équation mathématique » pense t’il . Je l’entraîne alors sur un autre terrain, celui des champs de batailles. Je choisis Napoléon, c’est le plus facile; il y a bien une victoire qui a fait mouche dans son cortex. Pas de chance,  le prof  aurait guère  parlé de son palmarès guerrier … Comme c’est bête... La géographie non plus ne semble pas raviver sa mémoire. Pour compenser, je profite d’un séjour dans le sud de la France pour lui faire découvrir Marseille, Avignon et ses papes, Vaisons la Romaine  et ses origines  Puis la chaîne alpine, le Mont Ventoux et les gorges du Verdon; c'est au moins ça... Et pour couronner le tout, une incursion dans l'économie locale avec la vigne et les Oliviers. De là à passer aux Dieux de la moisson et du vin il n’y avait qu’un pas qu’il franchit, à ma grande surprise,  à grande enjambées et pour le coup, c’est moi qui ne suis plus.  Incollable sur la mythologie... Deméter, Cérès, Bacchus et les autres dieux grecs et romains, ainsi que sur Thalès et Pythagore, il connaît. Je suis étonné. Encore un coup des Grecs, ou des jeux sur le net, ou des maths… Je reviens alors au français avec sa pléthore d’auteurs anciens.   Pour le coup ils ne sont pas assez modernes ces anciens car aucun ne lui vient à l’esprit. Moins romanesques que les philosophes grecs sans doute. Mais quoi, Sartre, Camus ou Proust pour ne citer que les incontournables en classe de troisième ça vaut bien Rabelais ou Ronsard non ?


Le SMIC culturel et la fracture sociale


Bon je m’arrête là. Après tout, on idéalise toujours le passé, mais  il me semble qu'à son âge j'avais déjà entendu parler de  du Bellay, Montaigne et Pascal... Mais tout n’est pas perdu, il lit le Petit Prince de Saint-Exupéry que sa grande mère lui a donné. Un auteur pas facile à lire, qui tombe des mains à quelques-uns ! Par chance, ce jeune homme à la chance d’évoluer dans un environnement intellectuel favorable. La grand-mère, le grand père, les parents sont encore là pour lui apporter un complément de culture que l’enseignement ne lui donnera  peut-être pas. Et puis, « il a le temps de parfaire sa  culture générale, l’essentiel est le savoir-être et le savoir-faire »   diront certains. C'est une façon de voir les choses en effet, reste que l'école est aussi là pour donner à l'enfant l'envie de se cultiver et les moyens de s'épanouir en s’ouvrant à la littérature, et aux arts en général. Appréhender le présent, se projeter dans le futur grâce au passé, c’est le meilleur moyen pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Hélas, j’ai bien peur que ce soit les premiers symptômes  d’une fracture culturelle qui ne se réduira pas. Le nivellement par le bas est la première étape de l'assassinat d'un peuple. Demandez aux chinois ce qu’ils pensent de Mao Zedong et de sa révolution culturelle aux conséquences dramatiques. Au bout du compte, le grand timonier a barré un navire rempli de 4 millions de cadavres au nom d’une prétendue rééducation populaire qui a renvoyé les élites à la campagne.
On le sait bien, la fracture culturelle est un fléau qui s'accentue à mesure que fracture sociale augmente mais ce n'est pas avec un SMIC culturel que nous sortirons la France de son mauvais pas. Montaigne pensait avec raison qu'une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine mais n'oublions pas qu'un sac vide ne tient pas debout et qu'un pays se doit d'avoir des élites. Ce sont les philosophes du siècle des lumières qui ont amené la révolution , les droits de l'homme et du citoyen, l'égalité et la liberté. En tombant dans un égalitarisme culturel, nous faisons le jeu de dictateurs ou de fanatiques qui redoutent les intellectuels. C'est le savoir qui libère les peuples; ne l'oublions jamais.     






mardi 2 juillet 2013

Quand l'orientation scolaire perd le nord

 Ce matin, j'ai revêtu l’espace d’un instant mon costume de chef d'établissement ou plutôt de conseiller aurais-je envie de  dire pour tenter de revenir sur des décisions arbitraires  de conseils de classe qui se posent souvent en procureurs pour sanctionner et exclure. Forts de leur pouvoir, il arrive que les enseignants s'érigent soudain en jurés, se refusant à comprendre l'élève ou l'étudiant dont l'apparente indifférence peut-être jugée pour de la provocation. Pas de temps à perdre pour en savoir plus et mettre en rapport les aptitudes et les résultats. Les notes sont là. Pour peu que l'administration s'en mêle...L'affaire est close.

Messieurs les jurés n'en sont plus à faire une approche psychologique;  chacun défend sa discipline quelque soit son importance dans le débat.  Qu'importe les conséquences de leur verdict sur l’avenir d’un jeune, qu'importe ses aspirations; le moule est unique. Il n'y a pas la place à la marginalité même si elle est à fort potentiel. La France a besoin d'intellectuels sérieux bien formatés et non de tempéraments créateurs. 

On a coutume de dire  qu’Il faut que jeunesse se passe.  Encore faut-il que le monde enseignant comprenne qu'à 18 ans, beaucoup de jeunes sont encore dans l'adolescence, pas toujours prêts à faire les efforts et les sacrifices nécessaires qui s'imposent pour préparer une vie professionnelle dont ils ne connaissent pas la porte d'entrée. De plus il faut admettre que notre société ne les encourage pas  à s’affranchir du noyau familial par peur de l’avenir, face à des gouvernements qui naviguent à vue, sans leur donner de cap ni d’espoir... et l’on voudrait que nos jeunes soient plus adultes que nous ? Et pourtant, ils le sont. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux. S'ils ne possèdent pas encore les clefs, croyez moi, ils sauront vite les trouver. Les enquêtes montrent que bien des chefs d'entreprises ne sortent pas de polytechnique ou d'écoles d'ingénieurs renommées... quand ils sont diplômés...C’est un signal encourageant - difficile à comprendre pour le système éducatif français  – mais les faits sont têtus. Beaucoup sortent du rang quand ils ne se relèvent pas d'un échec scolaire que le collège et le lycée ont parfois provoqués.  
La renommée de l'établissement avant l'avenir de l'élève

 Ma première intervention a concerné un jeune étudiant d'une classe de mathématiques supérieure d'un lycée parisien.  Classé dans le premier tiers d'un effectif de 56 élèves au premier trimestre, son parcours bascule en février et mars pendant le séjour professionnel de son père en Afrique. Les retards et les absences en classe s'accumulent;  les résultats chutent. Cela lui vaut un entretien  avec son professeur de maths qui  apprécie ses qualités. Ils passent un contrat pour le salut de l' étudiant et le passage en classe supérieure. L'étudiant doit démontrer qu'il est capable de se ressaisir par une présence assidue  et l'amélioration de ses notes. L'effort du 3ème se traduit par un arrêt des absences une  remontée de ses résultats qui doivent lui permettre de passer en maths spé. Les oraux se succèdent et d'excellent résultats démontrent que la confiance revient. Au final, l'étudiant se retrouve dans la bonne moitié de la classe, celle qui peut prétendre au passage en classe supérieure. C'est méconnaître l'influence négative de l'administration en conseil de classe. Il devra trouver un autre établissement à la rentrée scolaire, le conseil considérant qu'il s'est déjà mis en congé avec 35 demi-journées d'absence au 3ème trimestre... si peu!

 J'interviens personnellement auprès du proviseur...  35 demi-journées d'absences, c'est mathématiquement peu probable; il doit certainement s'agir d'une erreur ou d'un gag... mais la plaisanterie n'étant pas le fort du proviseur, je comprends très vite qu'il se range frileusement derrière les certitudes de sa CPE et d'ajouter " qu'il ne met pas en doute ses chiffres" et qu'il n'entend pas  changer son rapport ni revenir sur la décision du conseil de classe compte tenu du nombre d'absences Et de conclure par ce prétexte fallacieux : «  La CPE, conseillère principale d'éducation, qui assistait au conseil de classe n'a pu se tromper ».

"Au risque de vous déplaire, je vous prouverai le contraire monsieur le proviseur".  Il n'y a eu que trois absences au 3ème trimestre; votre CPE reconnaîtra d’ailleurs sa méprise. En conséquence de quoi, quelques heures plus tard, vous modifiez votre avis et vous vous auto congratulez de ne pas avoir mis d'avis défavorable pour le passage en classe supérieure de cet étudiant dans un autre lycée. A prendre ou à laisser.  Le prof de maths soutient son élève auquel il croît et s'engage  à soutenir sa candidature ailleurs. Merci, mais c'est un moindre mal.  Attendons la suite, en espérant qu’il soit définitivement admis.  Monsieur le Proviseur s'en tire avec sa bonne conscience. Ses collègues des zones dites "difficiles" doivent néanmoins pouffer de rire mais il est vrai que l'on défend ici l'établissement et non l'avenir de l'élève... 

Aux filles les emplois féminins


Le deuxième cas n’est pas mal non plus.  Il s'agit d'une élève de 1ère à qui l'on conseille d'arrêter sa scolarité pour préparer un CAP d'aide maternelle.. Un bon métier pour une jeune fille qui aime  les enfants....Un discours digne des années soixante, mais qui ne me surprend pas. J’ai déjà rencontré une situation identique en 2010 avec un père de famille qui se désolait pour son enfant. Après une étude sur les aptitudes et les goûts d'Emilie, et avoir découvert ses réalisation, je lui conseillais de s'engager dans la profession  de tapissier décorateur. Une profession qu’elle connaissait puisque c’était celle de son grand père qui lui en avait déjà enseigné les rudiments.  Prise en mains par la Chambre des métiers, elle n'hésita pas une seconde; l'opération fut une réussite. Un coup dur pour cette conseillère d'orientation  qui a découvert que tapissier décorateur était un métier accessible aux femmes.  Aujourd’hui  je n'ai pas conseillé  la même orientation n'ayant pas toutes les cartes en mains,  j'ai seulement fait part à la famille qu'il valait mieux rester au lycée une année de plus pour approfondir cette orientation; plutôt que de choisir une voie professionnelle par défaut sous prétexte qu'elle est féminine et accessible sur le territoire. Ce qui serait  une erreur.


A cet égard, la Région de Basse Normandie se doit de poursuivre sa réflexion en matière de formation dans le département de la Manche et notamment dans le Sud, axé surtout sur le tertiaire et l'hôtellerie.  Pour autant, il faut que les professionnels de l' orientation  fassent fonctionner leurs petites cellules grises  pour proposer des choix en adéquation avec les goûts et les aptitudes de chaque élève. Quitte à leur trouver une formation à l'extérieur du territoire. Depuis quelques années le conseil général de la Manche finance le transport des lycéens scolarisés dans un autre département afin de favoriser l'ouverture vers de nouvelles filières en aidant les familles. Près d'une centaine d'entre elles en profitent aujourd'hui. C'est une orientation politique positive des élus d'un département qui se doit néanmoins de s'ouvrir à de nouvelles formations porteuses de développement économique, d'autant que le retour sur le département des étudiants qui émigrent n'est pas systématique, loin s'en faut. C'est l'avenir du département qui s'en va!









dimanche 2 juin 2013

LE BAC : Un passe pour pôle emploi ?

On n'y échappe pas, les journalistes appellent ça  des marronniers pour désigner un événement qui se reproduit chaque année.  Et comme nous sommes en juin, c’est l’examen du baccalauréat qui fait la Une de l’actualité. Au moins, pendant ce temps là, on oublie le mauvais temps, les mauvais sondages, le chômage etc…Et bien, pas vraiment;
Tendance Ouest a su enrichir son marronnier des chiffres alarmants du chômage qui venaient de tomber pour traiter un vrai sujet au cours d'un débat auquel j'ai eu le plaisir de participer. Les bacheliers sont-ils épargnés par le chômage? .

Vaste programme : Avec plus de 70 bacs différents et plus de 80 spécialités, a t-il encore une valeur ? N'est-il pas devenu un sésame qui ouvre la porte d'entrée du chômage ? À l’heure ou l’on rappelle les valeurs de la république sur les frontons des écoles : Liberté Égalité Fraternité  nous sommes en droit de nous demander si le baccalauréat reste l'examen qui incarne le mieux l'égalité. Un bac de série S du Lycée Henri IV a t-il la même valeur que celui obtenu dans un obscur établissement de Seine St Denis. Si par bonheur il est assorti d’une mention ( ils étaient 8% à en avoir une en 2012) c'est la porte ouverte à une brillante carrière pour le premier, pour le second, l'avenir du bachelier de cet établissement reste incertain.

Le bac à marche forcée

Ayons d'abord le courage de regarder les choses en face, en nous posant la question sur la  réelle qualité de ce diplôme. Dans les années cinquante il y a avait 60% de réussite au bac général; en 2012 ils étaient 89,6%, tous bacs confondus. Formidable, la jeunesse française est sur la voie de la réussite. Mais ce morceau de papier, délivré au plus grand nombre, ne serait-il qu'un assignat sans valeur? Ouvre t-il la porte au succès? Grave erreur probablement car les exigences ne sont pas les mêmes qu'hier. Par comparaison, un élève en classe de certificat d'études en 1920 était éliminé avec cinq fautes d'orthographe en dictée; aujourd'hui un élève peut en faire 25 dans un texte sans qu'il soit inquiété. Les difficultés seront pour demain. Comment trouver un job dans ces conditions?
  
  
Le modèle Allemand

Outre Rhin, et outre-quiévrain, les choses sont plus simples et plus équitables. La   fin des études secondaires en secondaire I en Allemagne est sanctionnée par un diplôme (ABITUR) équivalent de notre baccalauréat, mais basé sur un contrôle continu tout au long de l’année; il permet d'enter à l'Université.  Le secondaireII , lui, s'ouvre sur le professionnel. La Belgique ne s’embarrasse pas d’examen; un certificat  remis aux élèves atteste la fin de leurs études . Pour le coup, les élèves Allemands et Belges sont-ils moins performants que les Français ? assurément non. Sans parler du coût financier que représente l’organisation de l’épreuve du bac par élève ( près de 90euro) une bagatelle ! Tout le monde s'accorde à dénoncer un mode d’éducation dépassée qui débouche sur la désillusion et le chômage, malgré les moyens qui lui sont accordés. En vingt ans le nombre d'élèves, en France,  a baissé de plus 500000 alors que celui des enseignants, dont les qualités ne sont pas à mettre en cause, a progressé en même temps de plus de 30000, mais personne n’a le courage de s’attaquer au problème. Trop difficile à résoudre pour les brillants pédagogues qui se succèdent. Pendant ce temps la France a décroché et a été doublée par une vingtaine de pays. Elle doit se remettre en cause et vite.. Très vite !    

 Finissons-en avec la pensée unique
Non, tous les enfants ne sont pas égaux. Non, tous n’ont pas les mêmes capacités ni la même forme d'intelligence. Non, la réussite scolaire ne se résume pas à l'obtention du baccalauréat... comprenons que l'égalitarisme est une doctrine utopique source d'échec... Exigeons de l'éducation qu'elle replace l'enfant au coeur du système et le prenne en charge avec ses différences pour lui permettre de se réaliser. Quand les idéologues de l'éducation auront compris que l'échec scolaire n'est pas une question de niveau intellectuel mais d'adéquation entre les résultats, la compréhension, les aptitudes et les goûts de l'enfant... Alors le système éducatif sera enfin en mesure d'atteindre ses objectifs, dès lors, bien entendu, qu'il saura orienter chaque enfant dans le cursus qui lui convient pour s'épanouir et vivre dignement sans passer le tiers de sa vie professionnelle au chômage.

Le tableau noir

En 2011, le taux de chômage des titulaires du baccalauréat  au cours des 4 années suivant son obtention était de 18,4%; il est de 11,2% pendant les six années suivantes ... Que dire des 29% d'une classe d'âge qui ne l'ont pas obtenu? Que dire également des 90000 bacheliers entrés à l'Université , plus de 20%, qui sortent chaque année de l'enseignement supérieur sans diplômes? Pour ceux qui s'inscrivent en Faculté, seuls 39,5% décrochent une licence en 3 ou 4 ans. Moins d'un tiers la bouclent en trois ans. Quand aux bacheliers titulaires d'un bac professionnel qui se sont risqués à suivre une licence, seulement 10% l'obtiennent en 3,4,ou 5 ans. Évidemment, c'est beaucoup mieux dans les classes préparatoires; 85% passent en seconde année et intègrent des écoles d'ingénieurs ensuite... Mais tous n'y sont pas acceptés !. De tels résultats sont édifiants. Ils sont à l'origine de la déconfiture économique de la France, de la déprime des français , de la fracture sociale et du coût exorbitant du chômage.  26% des bénéficiaires du RSA n'ont pas vraiment de formation et 40% ont un niveau CAP,BEP.. (Le niveau n'est pas diplôme faut-il le rappeler)... 17% ont un niveau bac et 16% "planent" au-dessus. J’entends déjà les commentaires : «  Vous enfoncez des portes ouvertes nous savons  qu'il y a un lien entre la formation et le chômage et que le système éducatif n'assume pas sa tâche. D’accord, mais après, que faisons nous ?

Le manque d’audace des politiques

Et si la réponse était, pour commencer, de donner un bon coup de balais en virant tous ces idéologues et autres inspecteurs cacochymes porteurs du virus de l'égalitarisme. Au mieux, les mettre en quarantaine pour préserver notre jeunesse de leur vision sclérosante d’une éducation basée sur le résultat à tout prix, et non sur l’intelligence et la valeur de l’individu. La cuvée du baccalauréat de 2013 ne vaudra pas plus que celle de 2012. Une piquette de plus qui servira pour beaucoup à remplir les casiers des demandeurs d’emploi. Pour les faire patienter, on pourra toujours leur apprendre comment remplir les formulaires d'embauche ou du R.S.A. Pendant ce temps, en Allemagne, les jeunes sont au boulot parce que le système scolaire a su les orienter au moment opportun vers les filières porteuses, qui   convenaient à leur qualités... Filières ? que dites-vous là monsieur..  c’est un mot banni de notre vocabulaire. En France, nous préférons requalifier les métiers et le tour est joué ! « Vous serez technicienne de surface madame », avouez que ça une autre allure sur un CV que femme de ménage non ? Oui, mais aurais-je une formation évolutive pour m’élever vers un autre métier ? – Ah..là, vous en demandez trop, nous sommes en France; avec un baccalauréat de petite série ne vous attendez pas à progresser.

Que l’on se rassure, en France l'égalité est une question de vocabulaire. La  professeur(e) forme des écrivaines pendant que la sapeuse éteint le feu au côté de son collègue pompier. Et après ça, vous allez dire que nous n’avançons pas. Ça fume dans le cerveau de nos dirigeants, mais c'est La France toute entière qui se consume à petit feu pendant qu'ailleurs on allume la flamme des enfants en leur donnant un savoir dont ils tireront profit et feront  bénéficier leurs pays. L'enfant n'est pas un panier qu'on remplit disait Rabelais; on semble l'avoir oublié. Vraiment, notre mal est profond, et le temps nous est compté. Chaque jour qui passe est un jour perdu.
Qui va mettre les mains dans le cambouis pour remettre la mécanique en marche, à l’instar du garagiste René Monory, maire de Loudun, créateur du Futuroscope de Poitiers; il fut un bon ministre de l'Education Nationale en 1986 sous l'ère Mitterrand et Chirac alors 1er ministre. Au fait, il avait commencé à travailler comme apprenti à 15 ans, avec en poche un brevet élémentaire et un brevet industriel. Comme Sacha Guitry, André Malraux, Antoine Pinay, Pierre Bérégovoy ou Emile Zola qui a passé deux fois le bac sans l'obtenir, il a su nous montrer que rien n'est perdu dans la vie quand on a du talent même s'il n'est pas sanctionné par un diplôme. Encore faut-il savoir détecter ce talent!

vendredi 19 octobre 2012

EDUCATION: VINCENT PEILLON S'ENLISE


 


Le discours de Francois Hollande sur l'éducation laissait entrevoir de bonnes intentions... Le retour à la semaine scolaire de 4 jours 1/2 constitue une démarche intelligente et réaliste... Patatras! Les pseudo pédagogues en chaise longue , les idéologues et les parents bobos qui pullulent dans les instances nationales des fédérations de parents d'élèves ont eu raison de Vincent Peillon, désormais le VrP de la démagogie syndicale qui chasse les candidats des concours d'enseignants.On rêve d'un monde idéal pour l'éducation , un monde qui voile les différences et prépare les enfants à entrer dans une société solidaire et généreuse. On rêve d'égalité et d'un pays sans échec oubliant que la réussitede la Francese trouve dans la diversité et la capacité de sa jeunesse à travailler, à créer et à franchir les obstacles que la vie ne manquera pas de mettre sur leur chemin.

La réforme de l'éducation va-t-elle dans ce sens avec la suppression desleçons et devoirsà la maison et celle des notes sanctions,désormais prohibéespour éviter tout traumatisme et toute notion d'échec? Nous pouvons en douter. Certes les enseignants auront éventuellement le droit de remplacer les notes par des couleurs, bleu,blanc, rouge par exemple...un peu d'instruction civique ne peut pas faire de mal; nous pouvons craindre,cependant, qu'elles ne soient qu'unbien piètre pis aller. Bref, le sort en est jeté. Fini les devoirs à la maison. Tout sera désormais fait à l'école, pendant la dernière 1/2 heure de cours avec l'ensemble des élèves. Après la classe, ce sera soit la garderie jusqu'au retour des parents, soit la maison avec la télé ou bien encore la rue avec les copains ou les" grands frères"; les plus favorisés continueront de bénéficier d'un dialogue avec la famille qui ne manquera pas de revenir sur la journée de classe , de vérifier les acquisitions et de préparer la journée du lendemain. Alors me direz vous," les plus défavorisés auront tout de même pu faire leurs devoirs et apprendre leurs leçons"; pendant 1/2h en effet! "c'est une question d'égalité."

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle de nombreuses collectivités ont fait l'effort de mettre des structures en place pour s'occuper des orphelins de 16heures. Certaines proposent même du soutien pour les plus faibles, avec un éducateur pour 5 ou 6 enfants.. Pour autant, interdire des devoirs à la maison, c'est niveler par le bas et confondre égalité et égalitarisme ; c'est également priver les enfants qui auraient besoin du soutien de leurs parents , c'est enfin donner bonne conscience aux familles qui restent à l'écart des questions scolaires de leurs enfants...
 
Pour parfaire la situation, les parents n'auront plus la possibilité de suivre correctement l'évolution de leur scolarité faute d'avoir une évaluation précise. Privés de notes ils devront se contenter d'une couleur ou d'une lettre. Certes, il existe des parents qui ne mettent pas jamais le nez dans le carnet de notes de leurs rejetons; d'autres, en revanche, y sont très attentifs. Leur vigilance permet souvent de remédier sans retard aux difficultés ou faiblesses que leurs chérubins peuvent rencontrer pendant une année scolaire.. Difficultés dont les causes ne sont pas toujours seulement intellectuelles. A première vue, le passage de la lettre A à la lettre B peut ne pas attirer l'attention; toutefois, la lettre A étant généralement étalonnée de 17à 20 et la lettre B de 13 à 16, la chute peut être de 7 points; ce n'est pas rien! Pas étonnant que des enseignants insatisfaits de ce genre d'évaluation s'expriment avec des A++ ou des B--. Avec des couleurs, on imagine qu'il leur faudra toutes les teintes de l'arc en ciel à l'exception du rouge qui sera sûrement banni pour sa connotation très négative. Tout cela n'est pas anodin. Nous pouvons comprendre que bien des enfants réclament aussi les notes car ils les trouvent plus stimulantes... sans compter sur le fait qu'elles peuvent contredire des observations d'enseignants parfois bien enracinées.
 
En fait, Il est absurde de penser que la note est une sanction et qu'elle sert à classer les enfants en catégories. Les différences de niveau entre les élèves sont hélas parfois tellement criantes, à l'oral comme à l'écrit, qu'elles n'ont pas besoin d'être chiffrées. La note n' est qu'une évaluation parmi d'autres qui permet à l'enfant de suivre les résultats de son travail, et d'approcher ses propres difficultés. La note facilite la mesure de l'effort et de la progression. Elle encourage, récompense et responsabilise. A l'inverse, évidemment, elle peut être source de renoncement bien qu'un élève faible puisse être aussi encouragé par la mise en valeur de quelques progrès dès lors qu'ils ne sont pas dilués dans une évaluation enlisante.
 
Qu'on ne s'y trompe pas; la suppression des devoirs à la maison et des notes amènera très rapidement celle des examens . Les idéologues et sociologues de l'éducation n'ont pas quitté la Rue de Grenelle. Le discours d'Orléans de Francois Hollande sur la refondation de l'école n'est plus d'actualité; les paroles sonnaient pourtant bien mais les vents de l'été 2012 les ont dispersées au profit d'une utopie consternante qui s'évertue à entraîner la France dans une torpeur et une mollesse décadente dont les prochaines générations paieront la note. Les hommes de demain sont dans nos écoles; encore faut-il qu'elle en fasse des hommes et que Vincent Peillon n'autorise pas le cannabis à l'école pour calmer les traumatismes des notes sanction..



 

 

 

 

 

 

 

jeudi 4 octobre 2012

La FRANCE, victime de son éducation


 
Un pays dont les  enseignants sont rossés par les parents ou leurs enfants, un pays qui s'amuse du" bonheur est dans le pré", un pays dont les champions sportifs font grève ou parient sur leur défaite...  Un tel pays ne peut faire l'économie d'une réflexion sur les causes de comportements primaires et inconséquents susceptibles de le conduire dans une impasse culturelle, sociale et économique.

Ce pays, la France, s'interroge, évidemment. Mais le mal semble profond car il s'est enraciné dans une éducation qui a perdu ses objectifs et ses valeurs au fil des nombreuses réformes que le système éducatif a subi depuis plus de quarante ans.

 Les années 70-80, l'époque des maths modernes et de la création du collège unique avec, en corollaire, la volonté de supprimer les filières des classes préprofessionnelles de niveau et préparatoires à l'apprentissage dont se souviennent nombre d'artisans, aujourd'hui  au sommet de leur réussite grâce à un CAP, un BEP ou un BP. C'est en même temps l'avancée constante  de la pensée égalitariste et du nivellement par le bas.

En édulcorant les programmes,  Les années Mitterrandiennes  porteront les objectifs à 80% de réussite au baccalauréat. Edith Cresson , premier ministre, évoquant l'idée d'une formation en relation avec les entreprises se fera remercier avec Lionel Jospin. On stigmatisera l'apprentissage puis les BEP pour emmener tout le monde vers le Baccalauréat professionnel. Le collège unique devient cylindrique; on y entre en sixième quelque soit son niveau scolaire; on en sort en 3ème, abîmé et écœuré pour les plus faibles; le système scolaire se refuse dorénavant à précipiter les choses pour prendre en compte les goûts et les aptitudes d'un élève. Qu'importe s'il est en échec sur les bancs du collège pendant des années.  Le moule unique pour tous, d'abord... Il est incontournable à la grande différence de l' Allemagne. A L'absence d'intérêt s'ajoutent alors , l'ennui, le renoncement, le rejet puis la violence qui  envahissent les établissements scolaires;  L'image du collège de la réussite s'évanouit dans le cercle infernal de l'échec. 
 
 En réponse à des syndicats déconnectés de leur base  et à quelque bobos qui fourmillent dans les associations nationales de parents d'élèves , des inspecteurs généraux cacochymes et démagogues réfléchissent à la suppression des examens et des notes-sanction  pour éviter tout traumatisme et dissimuler les difficultés et les différences. Bruno Juliard, adjoint de Vincent Peillon, reprend cette idée estimant que les notes permettent aux professeurs de diviser leurs classes en bons , moyens et mauvais élèves. Il faut une autre évaluation. Pourquoi  pas, on a bien préconisé la semaine de quatre jours qui a mis à la rue , parfois dans les bras de la délinquance, nombre d' enfants de familles défavorisées. C'est pas pire!

 En réalité, tout part d'une idéologie égalitariste absurde et pénalisante pour les élèves faibles comme pour les bons que l'on noie dans la masse. L'éducation française recherche l'uniformité,  refuse les élites et ne prépare pas à l'entrée dans une société où chacun peut réussir pour peu que l'éducation permette de prendre confiance en soi en développant les compétences de chaque enfant au moment opportun, sans attendre qu'il ait le sentiment d'échec parce qu'il n'est pas dans son élément. L'art de discerner et de développer les différences est le fondement même d'une éducation dont l'objectif est la connaissance et l'acceptation de soi, nécessaire au bonheur et à la réussite. Par voie de conséquence , une éducation qui favorise  la diversité et la créativité de chaque personnalité  contribue à l'enrichissement de son pays. La France doit s'en convaincre. On est pas dans un monde de bisounours.