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samedi 21 novembre 2015

Génération Bataclan

De l'idéalisme au fatalisme

Depuis ses origines  paléolithiques, l'homme a découvert, au fil du temps, qu'il possédait un mental et une conscience, qu'il pouvait penser, qu'il pouvait créer. La pensée aidant, il s'est mis á s'interroger sur son existence et a tenté de résoudre cette préoccupation majeure en recherchant sa raison d'être. Il est monté sur les montagnes ou s'est assis au fond des grottes pour méditer sur l'énigme qu'il représentait. Il y a trouvé ses dieux... Le polithéisme et ses Panthéons, puis le monothéisme et ses religions apportèrent des réponses à ses besoins d'éternité. Longtemps, la religion contribua avec la famille et l'Éducation á imprimer dans l'esprit humain des repères et  des valeurs culturelles sur lesquelles les sociétés se sont fondées. Tombée   en  panne  de ses Lumières et perdue dans un multiculturalisme ,l'éducation s'est engluée depuis  un demi siècle  dans la facilité et un laxisme permissif oubliant que les exigences et l'autorité constituaient les voies nécessaires à l'épanouissement des jeunes et à leur équilibre mental et physique. En quête d'idéalisme, beaucoup deviennent á la merci de tentations déviantes  ou d'idéologies prêtes á remplir des esprits ignorants que le pain et les jeux ne peuvent plus satisfaire au sein de ghettos précaires quittés par la loi et le droit. Cela explique que la France se retrouve aujourd'hui devant les effets de sa politique qui, depuis Mai 68, ne cesse de nous faire vivre ses contradictions et  ses renoncements permanents au gré de ses réformes.

Ainsi, la France s'est mise elle même â genoux á force de plier devant des idéologies éducatives et judiciaires, á force d'avoir favorisé le communautarisme au bénéfice d'une intégration humaniste et exigente , á force d'une solidarité  sans devoirs, á force d'avoir abandonné les règles de la laicité, á force de naviguer à vue et de vendre des navires de guerre dans l'espoir imbécile et hypocrite qu'ils ne servent qu'en temps de paix, á force de faire le pacte avec le diable au nom de l'argent...un diable qui entretient le fanatisme et la haine de la démocratie  , un diable qui revêt souvent une  tunique blanche  pour mieux endoctriner  et transformer en tueurs sauvages de   lâches  ignorants.

La France pleure ses morts...


Morts pour la France?  Oui, à condition qu'elle en tire enfin les conséquences. Voilà chose faite avec Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, dont la sérénité et la fermeté contraste avec la nervosité de son premier ministre et la fébrilité de son président devenu chef de guerre, malheureusement dépassé par la nature des événements. Traumatisés par les attentats , les français   espéraient de telles décisions, même s' il y a fort á parier que le terrorisme se nourrira encore longtemps  d'une éducation déliquescente qui livre les esprits les plus faibles aux forces du mal. Certes l'ignorance protège de la peur mais elle est mère de tous les maux. Montaigne ne disait-il pas que "l'élite vit de l'ignorance du peuple" ; les religions en ont vécu; quelques unes, les plus radicales, en vivent encore, faisant de la jeunesse leur cible prioritaire.  Les têtes vides sont évidemment les proies les plus faciles â remplir et à rendre dépendants de religieux fanatiques.  " Il n'y a pas de liberté pour l'ignorant" aimait à dire Mendela. c'est un fait. Condorcet ,  représentant des lumières et fondateur des systèmes scolaires modernes, le disait déjà à son époque , désespérant de l'Être suprême de Robespierre;  il savait mieux que quiconque que la culture était la seule parade au fanatisme. Il en est mort.








Envoyé à partir de

lundi 26 janvier 2015

Sud Manche: quand les poules auront des dents

 Cocorico...

 Ségolène  a trouvé la solution pour atteindre le zéro déchets.


En Charente Maritime elle se montre défavorable à la construction d'un incinérateur dont la chaleur devait être récupérée pour les serres d'une  importante entreprise agricole qui projetait de produire des tomates et de créer plus de deux cent emplois. La solution de notre ministre de l'écologie est plus naturelle; elle propose d'offrir quleques poules à chaque foyer pour dévorer les déchets à la place de cet ogre industriel susceptible de produire de la pollution  malgré les avancées technologiques de ces dernières années en matière de retraitement des déchets. C'est du moins ce qu'avancent les militants contestataires que soutient l'ancienne présidente de Poitou Charentes confortée par les résultats intéressants obtenus par ces gallinacés dans plusieurs communes françaises. En fait elle reprend l'exemple de Mouscron, cette cité belge de 50000 habitants qui a importé cette invention du Canada avant de se lancer dans l'aventure. Sur le papier ça paraît simple : sachant qu'une poule consomme 150kg d'aliments par an, 100 poules permettent de réduire de 15 tonnes les bio déchets . Il y a bien eu quelques poules qui ont crevé avec des arêtes de poisson, des os de lapin ou quelques plastiques mal triés mais n'oublions pas qu'en contrepartie ces poules nous donnent un œuf par jour. Ça en fait des omelettes. Ce que l'histoire ne dit pas, c'est que cette expérience ne concerne pas le domaine des cités mais celui de résidences où les jardins font souvent plus de 1000m2. Je vois mal des poules pondre un œuf et chanter sur tous les balcons des immeubles HLM de nos villes.

Jean qui grogne et Jean qui rit

Certes, la prise de position de Ségolène divise la population et les élus sans parler du tribunal de Poitiers qui a décidé de faire  évacuer les contestataires du site d'implantation. Mais avec Ségo, notre comtesse de Ségur,  au diable les conséquences économiques et les créations d'emplois car  les malheurs des uns peuvent profiter à d'autres... À notre territoire par exemple où des terres agricoles sont abandonnées depuis le passage de la THT, cette ligne Haute Tension, qui fait monter celle des agriculteurs de la Manche dont les élevages subissent les effets désastreux des champs magnétiques et des courants électriques induits. La Manche, qui a donné et donne encore beaucoup aux énergies renouvelables et à l'environnement, ne serait-ce qu'avec toute la zone de protection du Mont Saint Michel, notre  ministre la connaît mieux désormais, depuis qu'elle y est montée, le 5 décembre 2014, afin de rencontrer les  membres de l'association opposée à l'arasement des barrages de La Roche Qui Boit et de Vezins , et d'écouter leurs arguments auxquels toute la population locale adhère... Un coup royal pour Ségolène car elle a su redonner espoir aux manchois qui vont être obligés de revoir leurs positions à son égard si l'écoute dont elle a fait preuve lors de sa visite n'a pas été qu'une posture politique.

Les sceptiques penseront certainement que les études qui seront de nouveau lancées sont une manière de donner du temps au temps et d'attendre les prochaines élections... de l'intox seraient-ils tentés de dire. Pour ma part j'ai envie de lui faire confiance même si dame Poitou est parfois difficile à suivre. Certes, la partie ne sera pas facile face aux verts. Elle devra faire preuve de "bravitude" pour imposer sa logique et choisir ses priorités entre la défense des saumons, la qualité de l'eau, la production d'énergie, les risques de pollution de la Baie du Mont Saint Michel  et j'en passe... sans compter le fait que Ducey a connu de grandes innondations au début du 20ème siècle avant la construction des barrages et que leur arasement pèsera lourdement sur les dépenses de l'État.

On la sait gonflée notre Ségolène mais il va lui falloir la jouer  fine pour arriver à ses fins et renoncer aux cadeaux que Nicolas Sarkozy a généreusement distribués aux verts lors du fameux Grenelle de l'environnement, au détriment, bien sûr,  des territoires les moins bien défendus ou les plus soumis. Cette fois, Hollande aura beau tousser, il ne la fera pas taire;  et pour peu qu'elle reçoive un bon coup de main de Bernard CAZENEUVE, toujours resté fidèle à ses amis manchois, alors tout est possible... Y compris de faire pousser des dents en platine à des poules aux œufs d'or. On en a bien besoin aujourd'hui .



Voeux de Bernard Tréhet, président de la... par com-communes








jeudi 25 juillet 2013

AIM (suite): la viande de porc au menu d'un buffet froid


À table

Quand on a participé au débat sur l'avenir des abattoirs industriels de la Manche dans certaines instances, comme ce fut mon cas, on comprend mieux les difficultés économiques que la France doit surmonter. Et de m’interroger si nous trouverons un jour la solution à nos problèmes. Entre les divisions politiques qui nous réservent des surprises inattendues, et les banquiers qui découpent la carcasse  industrielle sans se préoccuper des " gens bons" que sont les salariés directement expédiés chez Pôle emploi pour recyclage, j’avoue que j’ai du mal à accepter cette froide réalité économique..

Au menu :


Le jeudi 18 juillet 2013, le seul espoir des 700 employés de la société AIM était un remorqueur  dépêché  par quelques élus pour tenter de sauver un navire que certains rêvaient d’envoyer par le fond.  À 15h30, autour de la table des négociations, les convives se regardent inquiets et dubitatifs. Quel plat vont devoir avaler les membres du conseil d'administration de la SHEMA, et  quelle sauce ? Délaissant les amuse-gueules ils s'attaquent d’emblée  à une assiette campagnarde réalisée par le patron de CAP 50 , l'actionnaire principal des AIM et la directeur de la société. L'assiette est bien présentée mais le pâté de porc, un peu indigeste , semble devoir rester sur l'estomac des plus gastronomes, pressés de passer au plat de résistance composé des propositions concrètes du conseil général de la Manche et du conseil régional de  Basse Normandie élaborées sous la houlette de Bernard Cazeneuve, ministre du budget, ardent défenseur de la Manche. Peu de temps auparavant, ce dernier s’est entendu avec les présidents de ces deux collectivités pour une intervention de la Caisse des dépôts et consignations via la SHEMA, société immobilière dont les 3 départements de Basse Normandie sont actionnaires. Le plan vise à mettre sur pied  un « lease back », un terme anglais, pour  désigner une opération financière d’acquisition des bâtiments AIM pour leur louer ensuite.

Ce plat de résistance n'est pas du goût de tous les membres du conseil d'administration de la dite SHEMA qui doit avaler l'apport d'un million d'euros déposé par la caisse des dépôts, ( qui n’est autre que l'un de ses actionnaires), histoire d’apporter aux banques - qui n’utilisent la générosité qu’avec modération - une garantie supplémentaire à celle des collectivités. En guise de réponse, ces derniers ouvrent le parapluie en exigeant la garantie totale de leur intervention. Le soutien légal des collectivités ne pouvant dépasser 50% de la garantie, des partenaires privés sont de facto indispensables. Sans ces garanties l'avenir des AIM s'arrêterait là. L’affaire semblait bien engagée, il ne restait qu’à obtenir l'accord de tous les membres de la SHEMA, dès lors que la Caisse des dépôts prenait seule les risques à la demande du ministre du budget.  Trouver un accord est une chose, convaincre le représentant "tapisserie" du Conseil Général de l'Orne soumis aux ordres de son président qui était in fine contre toute idée de soutien et de création de société d'intervention en est une autre.  Sans surprise, la chambre de commerce de Caen, dont on connaît l’indépendance farouche à l'égard des autres CCI de la Région, est vent debout contre ce montage, le représentant des banques en profitant pour s'abstenir. Quand au conseil général du Calvados, il avait ce jour-là posé ses vacances. Unie la Normandie dites-vous?


Partir avant la note


Peu à peu, les masques tombent. Les valeureux représentants du Calvados, présents au premier conseil d'administration traitant du sujet début juillet ne sont pas revenus préférant quitter la table des négociations sur la pointe des pieds en rasant les murs avec l’excuse probable que les  AIM et Villedieu les poèles, n'étant  pas sur leur territoire, ce n’est pas leur problème. Et puis, s'associer à une région de gauche, faut quand même pas rêver. Bon vent, on se passera de vous puisque le conseil d'administration de la SHEMA a voté favorablement à la majorité. Comme quoi, il y des calvadosiens courageux. La première étape est gagnée et la deuxième à portée de main avec un lease back qui dégagera 4 à 5 millions d'euros pour repartir sur des bases saines. En contre partie, les AIM auront un an pour finaliser un projet qui doit, à terme, les amener à s'adosser à un grand groupe. Des rapprochements sont à l’étude, mais en économie, comme au jeu il faut avoir un coup d’avance. Alors chut sur les premières propositions, d'autant que la compétition s’annonce rude entre les sociétés françaises amateurs de porc. 


 Une petite goutte pour finir ?…


Dotés d’une force de frappe et d’une unité capable de fragiliser un tel plan de sauvetage les bretons comptent les points. Ils attendent que le projet tombe de l’arbre comme un fruit mur, pariant que les troupes du département de la Manche et de la Région de Basse-Normandie, unies pour le développement économique de leur territoire mais affaiblies par les indifférences voire les rivalités politiques des autres départements,  seront incapables de mener à bien leur projet.  P’tête ben qu’oui, p’tête ben non, et bien ce sera non. Contre toute attente leur union est solide. Mauvaise nouvelle pour les Celtes qui vont avoir du mouron à se faire. Pourtant, Ils auraient dû s’en douter, les Vikings avaient déjà fait le coup pour les Énergies Marines Renouvelables qui générera près de 2000 emplois dans le Cotentin et la Manche. Et les voilà de nouveau en ordre de bataille pour combattre l’Hydre du chômage en sauvant 700 emplois et la filière porc. Ah, les cochons…. C'est une grande satisfaction et une nouvelle preuve que l'avenir de notre pays se trouve dans une intelligente coopération  entre des élus pour lesquels l'intérêt d'un territoire passe avant leurs stupides ambitions politiques . Mais ce n’est qu’une bataille, comme chacun sait l’Hydre est un monstre à plusieurs têtes..






jeudi 21 mars 2013

Bernard Cazeneuve : culture et humanisme


De gauche à droite,  du nord au sud, les gens de la Manche éprouvent une certaine fierté de la montée de Bernard Cazeneuve aux premiers rangs du gouvernement...  cette promotion  ne surprend pas ses amis, bien sûr, ni ceux qui le connaissent.

 Conseiller général d'opposition de 1994 à 1998 au sein d'un département, alors présidé par Pierre Aguiton, homme des cabinets ministériels sous l'ère giscardienne, il se montra ouvert à l'intelligence et ne recula pas devant une amitié qui se noua rapidement par des liens culturels et humanistes. Pas de faux semblants chez Bernard Cazeneuve. L'emploi du temps du maire de Cherbourg-Octeville, deux communes qu'il réussit à réunir bien avant la réforme électorale, et les kilomètres qui séparent le Nord Cotentin du Pays du Mont Saint Michel ne l'empêchèrent pas de se rendre au chevet de son ami, pendant son agonie en 2004, témoignage de sincérité et de courage politique. Nous ne furent pas très nombreux à lui faire une dernière visite aux Cresnays.

 Pour ma part, succédant à Pierre Aguiton au Conseil général en 1998,  c'est en qualité de vice-président aux affaires culturelles que j'eus le plaisir de rencontrer et de travailler avec Bernard Cazeneuve autour du devenir de l'école du cirque du Docteur Paradi, cher à P.Aguiton, qu'il transforma en Centre Régional des arts du cirque à Tourlaville. On inaugurera ensemble La Brêche, ce centre dont la plus grande salle (900m2) porte le nom de son ami.

 Après les questions culturelles et le cinéma ce furent les affaires économiques, notamment la réaffectation de l'ancien hôpital des armées puis les énergies marines renouvelables (EMR) qui m'amenèrent  à conforter cette relation au cours de têtes à têtes ou de voyages avec le maire de Cherbourg devenu entre temps Vice président du Conseil Régional de Basse Normandie, poste qu'il abandonna dès qu'il fût élu député. Les promotions, les succès se succédèrent mais l'homme ne changea pas.

 Avocat de profession , Bernard Cazeneuve ne recherche pas les effets de manche. Sa simplicité n'a d'égale que son honnêteté intellectuelle , son indice d'écoute et son calme qu'une touche d'humour rend convivial. Lors d'un repas avec Nelly Kafsky, productrice et présidente de Mazel productions et Kafsky films, j'ai découvert la fantaisie de Bernard Cazeneuve, redoutable imitateur de François Mitterrand au point que Nelly Kafsky lui proposa de participer à  l'un de ses films pour imiter la voix du président.

 La polyvalence de notre ministre ne fait aucun doute mais, à la différence d'un acteur, il ne joue aucun rôle même s'il sait toujours s'adapter à l'habit qu'on lui donne. A coup sûr il portera sans difficulté celui du ministre du budget dont il a l'étoffe. Il en fera bon usage car sa ténacité et sa persévérance l'aideront à vaincre les adversités et les critiques qui ne manqueront pas de lui tanner le cuir.  Homme de conviction, il a soutenu la poursuite de la construction de l'EPR à Flamanville face aux contestations de certains de ses " amis politiques" . Il sait ce qu'il veut; il sait où il va. Son pouvoir s'ancre sur le respect des autres et celui de lui même. On ne l'achète pas. Nous pouvons donc nous attendre à ce qu'il maintienne le cap contre vents et marées à condition toutefois que l'équipage qui l'entoure ne tire pas à bâbord et à tribord en permanence. Le bateau  France a besoin de confiance et d'unité pour arriver à bon port.



Photo lefigaro.fr