Pas
de panique...
Pour l’instant rien n’indique
qu’ils soient en danger.
Toutefois lorsque je lis le compte-rendu des premières réunions organisées pour
discuter des fusions des communautés de communes cette question n’est pas souvent
abordée, sinon pour parler de dépenses nouvelles, car il faudra
créer des emplois pour organiser une gouvernance qui ne pourra plus
compter sur le bénévolat des élus locaux. Et oui, il en sera terminé des bonnes
volontés qui font faire de sérieuses économies en cette période de disette
budgétaire. La réforme territoriale passera inévitablement par une
réorganisation administrative, le redéploiement des emplois et l'apport de
nouvelles compétences imposées par la réglementation. On n'y coupera pas. Je
vous laisse imaginer les conséquences sur les personnels employés
actuellement par les communautés ou les communes qui vont devoir se
pousser un peu pour faire de la place aux communes nouvelles. Et l'inquiétude ne cesse de
grandir dans les services des communautés vouées à disparaître au profit d'un
centralisme intercommunal concentré au sein de communautés tentaculaires. Tout
gigantisme entraîne inévitablement une organisation verticale, hiérarchisée,
dans laquelle les relations humaines sont souvent remplacées par des ordres et
des rapports virtuels qui écartent toute initiative et valorisation
individuelle. Vous savez ce qu’on dit dans l’armée : « penser, c’est
déjà désobéir »…Nous n'en sommes pas (encore) là mais le personnel a toutes
les raisons de s'interroger sur la gouvernance de ces nouvelles méga
structures. Une réorganisation qui demande une étude préalable en concertation avec les agents. Comme l’indique L’UNADEL lire ici dans un rapport d’octobre 2015 : « S’ils changent de lieu de travail,
les agents auront en effet peut-être une distance plus importante à parcourir
depuis leur domicile. Ces bouleversements qui s’annoncent ne sont pas anodins.
Les territoriaux s’interrogent. Devront-ils carrément déménager ? En arriver là
serait un crève-cœur pour ceux qui sont attachés à une maison, et à leur
territoire.
N'oublions pas le personnel...
Associer
le personnel à la réorganisation territoriale s'imposera de facto.
Il est le premier concerné. Il devra participer à la réflexion des élus pour
redéfinir leur rôle dans le nouvel organigramme qui
sera créé. Une table ronde sera nécessaire pour prendre en compte les objectifs
politiques de la nouvelle communauté de communes et s'oprganiser. La question des compétences
se posera, bien sûr, mais la priorité sera celle de la proximité, de la
réactivité et de la continuité. Et cet objectif ne pourra être atteint qu'avec
la connaissance du terrain. Son patrimoine à entretenir et à
gérer, ses actions, ses spécificités, et ses attentes etc. Si unifier un territoire
commence par faire table rase des efforts entrepris depuis des années et qui en
font sa richesse, non merci. Il ne faudrait pas non plus revenir 20 ans en
arrière en obligeant des communes trop petites et sans moyens à reprendre des
compétences. Ce serait une véritable catastrophe. À ce propos, l'intérêt
communautaire prévu par la loi NOTRe pour des compétences optionnelles
permettra, si besoin, de respecter et de s'adapter aux acquis des collectivités
pour maintenir in situ, les personnels affectés à ces compétences sans les changer
d'employeur. Beaucoup d'agents s'interrogent légitimement sur leur futur lieu
de travail et sur leur prochain employeur si les actions dont ils ont la
responsabilité viennent à changer de maître d'ouvrage. Qu'ils se rassurent,
chaque situation devra être étudiée au "cas par cas" comme l’on dit dans les milieux
autorisés; nous avons déjà su le faire pour les premières fusions. De plus,la commission technique paritaire aura à donner son avis sur toutes
les situations nouvelles dès les premiers mois de fonctionnement de la nouvelle
collectivité après qu'elle ait statué sur son organigramme et sa gouvernance.
Mais restons sur nos gardes, car les réglementations, aujourd'hui, changent chaque jour.
"Face au monde qui
change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement " disait Francis
Blanche... Croisons les doigts pour que nous puissions garder nos principes et nos
projets et que la rupture ne nous entraîne pas vers l’abîme. François Hollande
a beau déclarer dans une interview publiée mercredi 22/10/15 dans Le Chasseur
Français « défendre la ruralité », on n'y croit pas trop car son intention consiste surtout à passer de la
graisse dans les fusils des chasseurs. C’est toujours bon à prendre en pleine
période électorale. Pour le reste, il peut toujours dire « aimer la ruralité»
, les faits nous montrent le contraire. Allez, soyons optimistes et faisons confiance aux élus des communautés XXL. A coup sûr, ils sauront être innovants dans leur organisation pour être efficaces et anticiper l'avenir de leurs territoires.

















