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mercredi 2 janvier 2013

Réforme Territoriale & Développement Economique

Récemment , afin de justifier la fusion de sa communauté dans un grand ensemble territorial,  un président d'EPCI argumentait  sur le fait qu'il n'y aurait plus de concurrence économique entre les territoires... Propos du premier degré? Propos de renoncement, principalement, pour un territoire en déclin qu'il n'a pas pu relever malgré sa bonne volonté; propos également politique et candide d'un brave élu formaté par les penseurs de la République qui oublient que la concurrence et l'action menées par des hommes de terrain engagés ont souvent changé la face des choses. Et, pour convaincre ou se convaincre; il ajoutait: " la fusion bénéficierait de toute manière d'une dotation supplémentaire de 300000 euros allouée par l'Etat... Il n'avait probablement pas lu ce blog".
 
 La question du développement économique des territoires, demain, ici comme ailleurs, est une vraie question qui mérite que l'on s'y attarde. Il est certain que que la concurrence existe; une entreprise de la Manche est partie sur Vire car il y avait débat politicien sur sa localisation géographique entre Mortain et Juvigny le Tertre. De même, les taux de taxe professionnelle pratiqués sur la commune de Sainte Cécile ont certainement été déterminants pour l'implantation de quelques entreprises. Le dumping économique existe sur le territoire français comme en Europe. Reconnaissons le. Soutenue par quelques maires présidents de communautés souvent plus soucieux de pouvoir, d'expansion et de recettes nouvelles que du développement des territoires ruraux , l'administration s'en fait d'ailleurs gorge chaude pour plaider en faveur de grandes communautés.
 
 Et pourtant! Ça et là, dans le département de la Manche, de nombreux exemples nous  montrent  que la concurrence a dynamisé bien des volontés et bien des équipes; sans faire de cadeaux, elles ont obtenu des résultats probants dans le respect de la réglementation en vigueur. Regardons autour de nous. Nous constatons que la Manche a bénéficié surtout d'un développement endogène sur l'ensemble de son territoire avec quelques réussites plus importantes que d'autres... Lessay, Tessy sur Vire, Moyon, Saint James, Brécey, Isigny le Buat, Carentan , Juvigny le tertre, saint Laurent de Cuves et bien d'autres... Autant de cantons  et de petites communes qui n'avaient pas plus d'atouts que d'autres. Pourquoi? Posons nous aussi la question de savoir pourquoi, au cœur de la crise, en décembre 2012,  la Manche a été l'un des rares départements français à constater la diminution du chômage. Cherchons l'erreur.

La réponse se trouve notamment dans  la structuration économique du département de la Manche et l'importance des petites unités artisanales; 95% des entreprises sont des TPE. Au cours de ces dix dernières années son développement s'est effectué grâce à leur implantation sur l'ensemble de son territoire . Et observons les résultats des pays dans lesquels nous avions mis beaucoup d'espoirs. Seul, le pays Saint-lois a créé des zones économiques supra communautaires , à Guiberville et à la Colombe notamment,  au bord de la route des estuaires, l'A84. Après plus d'une dizaine d'années de fonctionnement, le Pays de la Baie du Mont Saint Michel , avec une administration pléthorique et coûteuse, et le regroupement de 18 communautés, n'a toujours pas été capable d'implanter une zone économique commune. Le syndicat mixte de Ducey-Avranches en a profité pour développer à son profit des zones commerciales qui correspondent aux attentes de la population; c'était un besoin, mais elles ont  contribué à la désertifiction de l'arrière pays sans que celui-ci en ait de compensation, à l'exception toutefois des territoires qui ont pris leur sort en mains, bien qu'isolés.

Alors qu'on ne nous chante pas aujourd'hui que la création de grands ensembles communautaires changera le monde... La société?  Sûrement!  L'avenir,  la richesse et la vitalité d'un pays se trouvent dans ces hommes et ces femmes qui ne se servent pas de leur territoire mais le servent sans ambition personnelle sinon celle de créer. En politique comme ailleurs, il y a des artistes et des bonimenteurs. Les uns créent, les autres causent.

 Ces élus développeurs sont nombreux mais la réforme territoriale qui a vocation à créer de grandes communautés pour mutualiser les moyens et faire des économies d'échelle risque de les écarter  car la représentation des communes rurales sera souvent réduite à un seul élu; elle  ne facilitera pas l'émergence d'individualités, encore moins celles d'actions économiques qui, au mieux, si elles existent, seront concentrées sur les pôles urbains. Il en sera fini du développement endogène local qui a permis à des territoires ruraux de faire front à la désertification et de lutter contre la précarité. L'urbanisation sera définitivement centralisée dans les villes; les rats des champs retrouveront leur pleine liberté dans les déserts ruraux.

C'est ainsi! La France constate  le déficit de sa balance commerciale et son manque de compétitivité, mais elle pense trame verte et trame bleue oubliant que l'économie est au cœur du développement durable. Elle se targue de penser  global pour agir local,  omettant seulement de s'appuyer sur les expériences et initiatives individuelles pour comprendre et agir au service de tous. Elle parle démocratie mais ne donne pas aux français tous les moyens de s'investir  pour son avenir.

 Enfin, pour revenir à ce brave élu plein d'espoir , je  lui souhaite de bien préparer ses plaidoiries  pour que son président et l'assemblée de sa nouvelle communauté l'entendent et acceptent  d'implanter des entreprises sur plusieurs zones économiques de son territoire. L'habitat accompagnant la création d'emploi, ce serait souhaitable. Aujourd'hui, 2 janvier 2013, Ouest-France fait sa Une sur la démographie de la Manche; son évolution est positive grâce aux communes rurales. Je lui souhaite donc bien du bonheur.. Compte tenu de la précarité galopante et du coût de l'énergie, le SCOT aidant, il y a fort à parier que l'habitat se développera là où se trouve l'emploi..

jeudi 1 novembre 2012

LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DU VAL DE SEE: UNE NAISSANCE PROCHAINE

   Une naissance désirée, on peut l'affirmer. Elle consacre des années de travail en commun sur des  questions essentielles auxquelles des réponses ont toujours été apportées par les collectivités locales dans un souci de développement économique équilibré en milieu rural. Cette naissance  annoncée pour le 1er janvier 2013, est le fruit du mariage entre les communautés de communes de Brécey et de Juvigny-le-Tertre qui accueilleront les communes de Saint-Laurent-de-Cuves, Le-Mesnil-Gilbert, Lingeard et Saint-Michel-de-Monjoie le 1er janvier 2014. 


   C'est évidemment une grande satisfaction pour les élus d'avoir maintenu l'intégrité d'un territoire dont l'identité culturelle et économique s'est forgée au cours des derniers siècles sur son patrimoine naturel, son sous-sol, son énergie hydraulique et sur une agriculture  toujours performante. La réforme territoriale leur a donné l'opportunité de concrétiser cette volonté d'union qu'ils ont mûrie, au fil du temps, contre vents et marées. La passion, le travail et l'obstination s'ajoutant à la confiance, à l'amitié et à la créativité ont eu raison des difficultés, des freins et des obstacles souvent sources d'interrogations stériles et de renoncement. 


   Créée voici près de vingt ans, l'association Odyssée, Office pour la Dynamique et la Sauvegarde de la SÉE, a tissé des liens autour de projets Sociaux, Économiques et Environnementaux qui se sont rapidement révélés productifs et porteurs d'espoirs. Un agenda 21, Odyssée 21, s'est construit sur des objectifs partagés avec une population très impliquée dans un mouvement associatif structuré et un partenariat économique qui s'est joint à une dynamique fertile et conviviale. La ruralité s'est montrée à cet égard un creuset particulièrement favorable au développement d'une démocratie participative et d'une solidarité de proximité. Là est certainement l'une des raisons principales qui a orienté les élus vers l'organisation d'une collectivité à taille humaine sur un territoire rural discontinu pour lequel une gouvernance rapprochée est souhaitable. Elle est indispensable au développement de la vie citoyenne qui se traduit généralement par une appropriation du territoire par les habitants et un bénévolat actif et solidaire, indispensable pour fédérer et combattre l'isolement et la précarité, de plus en plus présente sur les territoires ruraux, trop souvent considérés comme des vassaux dispendieux et commensaux des zones urbaines... Une vue technocratique et politique qui vise à édifier un enchevêtrement de structures complexes -des usines à gaz- qui conduiront immanquablement vers une société anonyme de grands ensembles dont la France souffre depuis des années. Nous n'en voulons pas. Nous voulons voir notre horizon.

   Bien entendu, le choix de s'affirmer sur un vaste espace rural de 258 km2, de faible densité, n'a pas vocation à favoriser le repli sur soi. Bien au contraire, il vise à constituer un noyau dur sur lequel les compétences des uns et des autres s'additionnent au lieu d'être diluées au sein d'assemblées pléthoriques et centralisées dont la gouvernance réelle est confiée à une poignée d'élus  et souvent déléguée à une administration qui peut devenir souveraine car trop éloignée et non relayée sur le terrain...  A moins de compenser l'effritement inévitable du bénévolat par des créations de postes administratifs supportés, une fois de plus par les contribuables. La réduction de démocratie de proximité, fût-elle associative, entraîne généralement l'accroissement de l'emprise administrative.


Moulin sur le ruisseau  Richard, affluent de la Sée
    Ainsi, les élus du Val de SÉE en ont décidé autrement. Ils ont voulu maintenir le cap d'Odyssée21 dont les orientations vont les conduire vers une écovallée  qui contribuera à renforcer l'image environnementale de leur territoire et celui de la Baie du Mont Saint Michel, dont l'isolement renforce l'attractivité. L'écovallée du Val de SÉE Mont Saint Michel n'est pas une entité artificielle qui pouvait être sacrifiée sur l'autel de quelques considérations politico-administratives aux prétextes fallacieux d'objectifs de modernité et de développement qui ne sont qu'illusoires. L'écovallée du Val de Sée méritait que nous nous réunissions pour lui consacrer tous nos efforts.


Carrière de granite de Saint-Michel de Montjoie
St-Michel de Montjoie : une carrière  en exploitation
Hier encore, elle était l'une des vallées les plus prospères de Basse Normandie avec la Touques, grâce à ses richesses naturelles, le granite, le bois, l'agriculture et la Sée -vallée des cent moulins- qui alimenta de son énergie l'industrie du papier, du tissu puis de l'inox.


Tour de France, Miss France, Papillons de nuit, ballade cheval, ...
Aujourd'hui, la qualité de son cadre de vie en fait une terre d'accueil, de culture et d'innovation, elle le restera demain si nous y veillons. 
C'est  notre ambition. 

Voltaire ne disait-t-il pas que «on n'hérite pas de la terre de ses  parents, on l'emprunte à ses enfants». 

Ainsi nous nous devons de protéger un écosystème et une biodiversité fragile qui conforteront son identité, renforceront son image tout en lui apportant  de nouvelles richesses.

La route sera longue, à n'en point douter, mais le chemin est tracé, et il y a fort à parier que cette naissance s'ouvrira sur un avenir dont on ne peut espérer que le meilleur à condition que notre éthique associe, plus que jamais, l'Homme et la Nature au cœur de la gouvernance de l’écovallée.