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dimanche 22 juin 2014

L'aube se lève sur le Mont Saint Michel


Les lecteurs de ce blog connaissent mes sentiments à l'égard des syndicats mixtes  dont la vocation initiale était le développement économique du territoire par des projets structurants. Faute d'être en capacité d'organiser le territoire, celui du pays de la Baie du Mont Saint Michel s'est progressivement tourné vers d'autres objectifs, l'environnement par exemple,  laissant au syndicat du SCOT, le rôle de l'aménager; compte tenu des liens entre ces deux structures, de nombreux élus  ont souhaité les fusionner; les années ont passé; nous en sommes toujours au même point . Avec la  réforme  territoriale beaucoup ont cru alors, naïvement, à la suppression des pays. C'était sans compter avec les conseils régionaux qui veulent avoir un pied sur le terrain pour mieux   distribuer les fonds européens, via les pays ...Une variante de la fameuse enveloppe parlementaire qui permet d’arroser un territoire dont le projet n'est bien souvent que l'addition de micro projets. Une friandise, tout de même, que nous  avons tous croquée à pleines dents sans nous poser trop de questions avouons le, mais il n'est pas certain que cette  manne  ait servi réellement de levier aux investissements engagés. Seul le projet NOVEA est un projet structurant pour le mortainais qui n'aurait probablement pas  vu le jour s'il n'avait été aidé par les fonds européens . A part lui, je n’en vois pas vraiment d’autres…
 À l'heure des fusions de communautés de communes - il n'en reste que sept dans le Sud Manche au lieu de 18 en 2012 - le pays dispose  désormais de collectivités plus fortes, susceptibles de contribuer par elles-mêmes au développement du territoire. Pour autant, un lieu de participation, de réflexion et de coordination territoriale peut être utile à condition qu’il ne se transforme en un « Cercle ou un Club » réservé aux amis .   Le Sud Manche a toujours souffert de divisions enracinées dans un passé féodal hostile à toute forme de modernisation d'un territoire rural confronté aujourd'hui à des réformes territoriales et à des politiques sociales, économiques et environnementales qui risquent fort d'accentuer sa désertification et sa précarité si  l’esprit étroit qui nous a caractérisé jusqu'alors continue de se disperser sur des questions qui nous éloignent de l'intérêt collectif.

L'exclusion engendre toujours le repli sur soi

Cette étroitesse de vue nous a privé de forces qui auraient pu naître des expériences des uns et des autres. La vérité est que nous nous sommes servis  des plats réchauffés faute d’audace et de créativité. Aujourd'hui, nous croulons sous les critiques dont la valeur se mesure à leur degré de bon sens et d’intelligence.  La démocratie se perd dans le monolithisme  mais s'enrichit de la diversité. Les dernières élections municipales ont montré la perte de confiance de nos populations qui n'hésitent plus à s’engager sur des voies étroites et dangereuses pour se faire entendre, plus particulièrement dans nos zones rurales où le FN a dépassé les 30%... Hélas, sans en mesurer les conséquences. Aussi  est-il temps de nous réveiller et de nous secouer les puces ne serait-ce que pour  leur montrer, lors des prochaines élections au pays de la baie, que nous avons entendu leur message en rassemblant le territoire dans une même volonté constructive. C'est pourquoi, en ce qui me concerne, outre le fait que mes mandats électifs sont très prenants, je ne serai pas candidat à la présidence du pays afin de favoriser l'unité autour d'une nouvelle tête capable d'être suffisamment indépendante pour s'ouvrir et rassembler toutes nos communautés et nos communes au sein d'un bureau construit dans cet esprit. Personne ne comprendrait qu'après les élections des municipales et des communautés, celles du pays deviennent une troisième manche revancharde et donnent au Mont Saint Michel une autre image que celle de l'universalité et de la convergence.


















dimanche 16 février 2014

Action sociale : réduire son coût, c'est possible

  
RSA :  LE PRIX A PAYER… Mais c'est rentable

La France, comme ses collectivités, vers lesquelles elle a transféré nombre de compétences coûteuses, se retrouvent désormais confrontées à des charges sociales qui ne cessent d'augmenter. Un cadeau empoisonné, car. la France vieillit, le chômage ne diminue pas, entraînant avec lui une cohorte de difficultés face auxquelles,  soyons honnête, nous n’avons plus de marge de manœuvre. Du coup, l'assistanat grandit les situations de certaines familles deviennent de plus en plus difficiles à gérer,, pour ne pas dire dramatiques. Le RMI a laissé place au RSA, c’est très bien..mais après que faisons nous pour les sortir de la spirale infernale qui guette les plus faibles, souvent recroquevillés dans l'indifférence et la solitude. Si l’Etat est incapable d’apporter une réponse concrète pour enrayer le phénomène, que peuvent les élus désarmés faute de moyens financiers sinon la tentation de supprimer des moyens qui semblent sans effet sur des résultats en apparence  incontrôlables et de s'en remettre à ses propres structures sociales. Après tout elles sont là pour remédier aux difficultés. Après tout, à quoi bon soutenir des efforts financiers supplémentaires qui ne semblent pas pouvoir endiguer l'augmentation inéluctable du nombre des allocataires du RSA?  Sauf de brûler la chandelle par les deux bouts.  Dans un contexte de tempête financière,  il vaut mieux faire l’Autruche que de tenter une sortie. Après tout, s’il y avait une solution, cela se saurait. Et puis, s’attaquer au social est le pré carré réservé du gouvernement qu’il sait habilement manoeuvrer. Il n'est pas de bon ton d'évaluer pour dégager des pistes faute de solutions. Laissons les statistiques aux autres; de toute manière elles seront contestées.

Pour autant, j'ai souhaité en obtenir pour le territoire de solidarité du Sud Manche, composé des sept cantons du Mortainais et de six de l'Avranchin, celui de La Haye Pesnel étant rattaché au territoire de Granville. On a beau dire et se réjouir du fait  que le chômage est contenu autour des 7% sur le pays du Mont Saint Michel, la vérité des chiffres de la pauvreté est autre. Le constat est inquiétant. La progression du nombre d'allocataires entre 2011 et 2013 a fait un bond considérable. Même si la misère est moins visible dans la verdure que sur les pavés parisiens elle est bien là.
Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur les chiffres.





LES BONS ET LES MAUVAIS ÉLÈVES…

Bien sûr, le nombre d'allocataires varie en fonction de la  population du canton, mais il n’en demeure pas moins que le rapport à la population est un bon indicateur pour évaluer la précarité sur un territoire. Nous sommes à 25,6 allocataires pour 1000 habitants sur Juvigny le Tertre, à 17,5 sur Brécey, à près de 36 sur Avranches, 26,6 sur Sourdeval, 24,7 sur Saint Hilaire, 23 sur Saint Pois etc...Des chiffres sensiblement similaires qui montrent néanmoins des variations en pourcentage très importantes. Il y a 2 fois plus d'allocataires sur Avranches que sur Brécey où leur nombre est le seul qui soit en diminution au cours des deux dernières années avec celui du canton de Saint Pois. Question : Comment peut s'expliquer cette baisse sinon par l'action qui est menée sur ces territoires par le centre intercommunal d'action sociale de la communauté de communes du Val de Sée. Cette collectivité accompagne le département de la Manche en mettant à sa disposition un emploi à temps complet secondé par un secrétariat financé par la collectivité locale qui reçoit du Conseil général une participation financière à proportion du nombre de dossiers suivis. Dorénavant compte tenu des résultats obtenus, 100 dossiers seront confiés au CIAS pour une participation d'environ 18000 euros annuel. L'intérêt du dispositif est évident, il permet d'accompagner socialement les allocataires du RSA tout en les aidant dans leur recherche d'emploi en impliquant les chefs d'entreprises de la vallée dans la réinsertion par l'activité. Cette proximité   avec  les allocataires et le partenariat avec les employeurs potentiels évite les difficultés et les renoncements. L'expérience avec des CUI 7heures avec la collectivité et les associations a été largement positive. Témoins, l'action menée avec la société Alphonse James a permis à celle ci de répondre à des appels d'offres dans lesquels des critères sociaux étaient imposés.


A CHACUN SES PAUVRES

Le résultat financier de telles actions sociales n'est plus à démontrer. Les territoires de solidarité du Sud Manche comptent aujourd'hui 2269 allocataires du RSA. Alors, mettons nous au boulot puisque nous avons la chance d’en avoir un, pour accompagner le conseil général dans sa démarche. Avec un petit effort, nous pourrions espérer réinsérer 10% des allocataires. Le calcul est rapide :  226 insertions gagnées, c'est au bas mot plus d'un million d'économies par an. Même un technocrate est capable de comprendre ça. Quoi qu’ils sauront toujours nous rétorquer que pour gagner un tel pari, il faut trouver des personnes compétentes à mettre sur le marché. Ces arguments ne sont qu’une fuite en avant qui fait le jeu de certaines entreprises qui en profitent pour se délocaliser plongeant du même coup des millions d’individus à pousser les portes de Pôle emploi avant celle des services sociaux. C’est insupportable. En France, nous attaquons la troisième génération de chômeurs et précaires, il est plus que  temps d’agir en prenant notre destin en main, en nous donnant les moyens de notre autonomie d’action. Nous avons essayé dans la Vallée de la Sée, ça marche. 









dimanche 29 décembre 2013

Déontologie et Démocratie


Dernièrement, l'un des sénateurs de la Manche publiait, dans Ouest France, un article consacré aux dépenses publiques; il invitait l'État à faire des économies sérieuses pour sortir la France de son mauvais pas et relancer la croissance. Une analyse unanimement partagée par tous depuis une vingtaine d'années, mais qu'aucun gouvernement n'a su ( ou n’a eu le courage ) de mettre en application. Tout le monde ne s’appelle pas Mendès France ! En politique c'est plus souvent faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. N'est-ce pas Jean Bizet?

De la parole aux actes

Sénateur  passe muraille,  grand pédagogue quand il s'agit d'expliquer le devoir, ce père la Vertu oublie au passage qu'il faut appliquer sur le terrain la morale qu'on exige des autres. Mais, comme ses amis, il s’en Balance. L'heure n'est pas à l'introspection mais à la destruction de l'adversaire... La méthode Coué est son arme.  Président du Pays de la Baie du Mont-Saint-Michel, le père fouettard de la rigueur utilise le bonnet d'âne et le martinet d'autrefois pour flageoler les fesses du  mauvais élève, François Hollande, oubliant de se regarder dans la glace. En voilà un qui a une belle tête de vainqueur. Au concours de la langue de bois et de la démagogie, il aurait des chances de monter sur le podium, avec le premier prix, coiffé d’une couronne de lauriers sur la tête, par sa directrice, épouse de son assistant parlementaire . Comment pourrait-elle se dérober avec un salaire de près de 90% supérieur à celui de son statut à tel point qu'il a du faire voter une prime annuelle de près de 28000 euros pour le compléter. Non l'idée ne lui a jamais traversé l’esprit de refuser un tel plaisir à son mentor. Pas plus que les autres employés du digne Syndicat, qui profitent (beaucoup moins tout de même) des largesses de leur patron.

Côté action du pays, ce n’est pas mal non plus. Lundi 16 décembre , l'ordre  du jour du comité syndical proposait à ses membres quelques mesures « importantes » pour l'essor du sud Manche dont il a compétence, comme: la mission de coopération avec la Macédoine sur les thématiques de : mémoire, paix et réconciliation,, sauvegarde du patrimoine, droits de l'homme", pour un budget de 64470€... Certains me diront que c’est de la première importance pour les collectivités locales et que l'agent embauché pour cette opération est payé au SMIC. Certes! Mais le bon sens aurait voulu qu’on utilise cette enveloppe pour recaser utilement les 9 ou 10 fonctionnaires territoriaux du pays inquiets pour leur avenir depuis la fusion des communes. C'était le bon moment  Mais non. Au lieu de cela, le chef nous sert un plat de Macédoine de légumes façon Sud Manche, bien loin de nos appétences. Mais ce n’est pas son problème. Convaincu du bien fondé de son action, voilà maintenant qu’il engage les élus du Pays pour voler au secours de la culture hellénique. Et comme en France tout se termine par un bon dîner, il n’a pas hésité à en organiser un, à l'issue duquel les moins convaincus, allumés ou non, sont  devenus soudainement attachés au Pays.

"Faire passer le courant"


Le SDEM, syndicat départemental d'électrification de la Manche, utilise le même procédé. pour faire passer le courant, c'est un expert.. Il gave  ses membres pour mieux vider les poches des collectivités locales. Pour preuve, il envisageait de leur "piquer" le 4ème trimestre 2013 de la TCFE, taxe d'électricité, versée aux communes  et communautés par les contribuables, qu'il reçoit à leur place et leur reverse trimestre par trimestre. Le problème, c'est que le syndicat a fait voter l'arrêt du reversement pour 2014. Bien joué ! Par malheur, la communauté de communes  du Val de Sée a perçu très tôt l'intention du SDEM;   pour elle, il  comptait faire mieux  en refusant  de lui rembourser une somme voisine de 200000€, correspondant au dernier trimestre 2012 et aux quatre trimestres 2013 qui lui revenaient de droit. Pourquoi se priver? Et puis, cette communauté contestataire méritait bien  de recevoir quelques coups de fouet au risque de prendre un coup de pied. Et c'est ni plus ni moins ce qui est arrivé: l’issue du combat s’est soldée par une rencontre avec le sous préfet d'Avranches; Le directeur et sa présidente  ont accepté, bon gré mal gré, de reverser immédiatement le 4ème trimestre 2012.  Les trois premiers trimestres 2013 suivront et le 4ème le sera en avril 2014 déduction faite des participations de la collectivité pour des travaux réalisés et payés au bénéfice de la communauté. Le SDEM, lui ,voulait se payer d'avance. Cà lui fait mal, je comprends…mais, par les temps qui courent, toutes les collectivités n'acceptent pas d'être tondues comme des moutons.

 Eclairer la démocratie

Au-delà de cette tentative opérée par le SDEM qui fort heureusement a échoué, je m’inquiète sur de telles pratiques, et, plus encore, sur le fonctionnement démocratique de ce syndicat. Je doute que de telles décisions aient pu être cautionnées par les élus des collectivités, membres du SDEM, s'ils ont eu toutes les données en main? Ces dérives démocratiques dont les effets ne sont pas sans incidences financières pour les collectivités et leurs contribuables sont inadmissibles. Ces élus savent-ils aussi que le SDEM , chargé des travaux d'électrification , a refusé de s'entendre avec le syndicat Manche numérique, créé lui aussi par le département, pour la mise en place de la fibre optique à moindre frais? J’en doute aussi. Cette politique du chacun pour soi est à l'origine des dépenses publiques inutiles dont nous pourrions nous passer. Et au-delà, de nous interroger sur la décision de nombreux maires de ne plus se représenter aux prochaines élections municipales. Comment les blâmer? ils n’ont plus la parole et ne représentent plus que les murs de leur mairie. Et encore. À force de n'être plus que le bouc émissaire de décisions qui leur échappent, ils préfèrent,  tel Candide, cultiver leur jardin. Sur ce plan, au moins, ils peuvent agir sur les mauvaises herbes.