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dimanche 5 octobre 2014

Réforme: le silence de la Manche

Un silence troublant
De trois choses l'une:

           - soit le département ne croit pas à la réforme et laisse faire les événements politiques qui amèneront l'État au renoncement.

            - soit  il sent lui- même la fin d'un système qu'il laisse dériver.

            - soit il fait sien le vieil adage : " qui ne dit mot consent" .

Pourtant, il y a bien des sujets sur lesquels les parlementaires et les représentants des élus des collectivités pourraient donner leur avis mais il semble que le fatalisme  s'ajoutant au réalisme ne les engage pas à monter aux créneaux des châteaux normands.
S’il est un fait que nous sommes une grande majorité à accepter le retour vers notre grande Normandie, il reste à déterminer du choix de la capitale de notre duché. À moins qu’il ne soit déjà fixé, pour ne pas dire sacrifié sur l'autel des ententes politiques. Ne revenons pas sur l'histoire - ni à l'époque gallo romaine où Rouen (Rotomagus) était la capitale de la seconde Lyonnaise ni sur celle de la Conquête normande qui amena Caen à supplanter Rouen par la volonté de Guillaune le Conquérant. Pas plus  sur la démographie ou sur la l'influence économique ou politique des deux régions actuelles pour étayer notre réflexion. Les réalités géographiques et l'intendance doivent nous suffire pour retenir Caen comme capitale. Pour des raisons de bon sens et d’économie.  Cherbourg-Rouen sont distantes de : 250kms, Alençon-Rouen de 160kms, Dieppe-Caen: de 135. Quant à Le Havre, il est équidistant de Rouen et de Caen. En revanche, Evreux est à 60 kms de Rouen et à 150 de Caen. Pour autant, en matière d'économie d'énergie, il n'y a pas photo  Choisir Rouen pour capitale régionale serait dispendieux et marginaliserait  un peu plus  l'Orne et la Manche. En contrepartie, installer le préfet de Région à Rouen, pourrait avoir un sens sur le plan administratif, si on oublie le personnel qui devrait le suivre dans la ville de Pierre Corneille. 
Poursuivons. Imaginons la suppression du Conseil général de la Manche et une Normandie avec Rouen pour capitale... Ce ne serait pas impossible car d'après Alain Rousset, président des régions de France (ARF), l’État estime que seulement 12 à 15 régions  sont rurales. Fort heureusement, des voix s'élèvent pour garder les Conseils des départements de moins de 500000 habitants. Ouf! Celui de la Manche a 499531 habitants... Vu son attractivité pour les séniors, aucune vague de naissances de masse ne viendra grossir ce chiffre. Mais Sans doute pense t-on dans la Manche qu'il y a encore de l'eau à couler sous les ponts d'ici 2020 et que la droite reviendra sur cette question d'ici là. Et si d’aventure le petit Nicolas revenait aux affaires pourquoi s’inquiéter; après le coup de la suppression des barrages du Sud Manche, nous aurions peut-être de quoi négocier.

 Chat échaudé craint l’eau froide…

Plaidons toutefois pour laisser en paix le département de la Manche qui a été exemplaire en matière de fusions de communautés de communes en 2013 et 2014. Exemplaire oui mais à quel prix? Demandons aux habitants de Percy ou aux élus de la communauté d'agglomération saint-loise ou bien à ceux des communes rurales de l'Avranchin... Tout le monde est loin d'y retrouver son compte... Tout simplement parce que beaucoup de fusions ont dû accoucher au forceps dans un contexte réglementaire brouillon, sans réelle réflexion. Et voilà qu’on nous repasse le plat réchauffé en  nous faisant croire à une nouvelle recette. Le tout servi dans une improvisation totale sans se soucier des conséquences immédiates. Soyons sérieux, le pays a besoin que toutes ses collectivités s’investissent et investissent. C’est la priorité.  Sans parler qu'un éventuel passage à des communautés de communes de 20000 habitants aurait des conséquences sur l'économie locale, les artisans peuvent déjà en témoigner; de plus, il  entraînerait la chute de nombreuses fermetures de trésoreries principales en milieu rural... que restera t-il à ces structures administratives si on leur retire la comptabilité de la communauté, du CIAS et des hébergements, de la crèche, de la médiathèque, des régies et autres activités qui relèvent des compétences communautaires ? Plus d'une dizaine de cantons et de communes devraient se préparer à perdre leur perception. Une conséquence qui semble passer par-dessus la tête de  quelques  élus  de la Manche, si  j’en juge par les déclarations de certains, repris par la presse régionale. 
Seule, la voix de l'AdCF est audible, non pour suspendre la réforme concernant  l'intercommunalité (1507 communautés sur 2145 ont moins de 20000h ), mais pour éviter de replonger, dans des projets de fusion « abracadabrantesques » comme disait Jacques Chirac. Dommage que la manche soit inaudible sur ce point, car elle est la première concernée. 50% de ses communautés ont fusionné en 2013 et 2014 pour obtenir 25 communautés de communes : une communauté d’agglomérations et une communauté urbaine, à fiscalité propre et 159 syndicats pour lesquels un effort reste à faire. Ne nous trompons pas d'objectifs, et attendons de faire l'évaluation des premières fusions avant d’aller plus loin en espérant que Manuel Valls en tienne compte pour ne pas nous entrainer avec lui pas dans le mur. Encore faut-il que nous lui en donnions connaissance, ce qui ne semble pas le cas actuellement.. 



vendredi 12 septembre 2014

Le Conseil Général de la Manche sera maintenu

Il faut sauver la  Manche

 La Manche n'est pas toujours classée parmi les départements ruraux... Elle même ne revendique pas toujours sa ruralité, restant à l'écart des alliances qui se sont faites jour pour s'opposer à la réforme territoriale qui prévoyait sans scrupules la suppression pure et simple des conseils généraux. Et pourtant, la Manche est le premier département agricole français, notamment dans le domaine de l'élevage, bovin, ovin, équin.. et de la culture de fruits (pommes) et légumes (carottes, poireaux...) L'agriculture employait 17 400 actifs en 2004, soit 9,2% de la population active (contre 3% seulement pour la France entière).

Principale activité productive dans les zones rurales, l’agriculture fait vivre une bonne partie de l'économie manchoise. Mais prudence, en 2013, le revenu de la Ferme Manche a reculé par rapport à 2012 (2) .
 Le prix du lait s’est redressé en 2013 (+ 7%) après son recul de 2012 (- 3%). Malgré cela, le revenu départemental ne progresse pas, à cause de la hausse des charges.  Département littoral par excellence, la Manche se distingue  aussi par une économie de la mer dynamique. La preuve par les chiffres (1) : Sur les 10 918 tonnes débarquées à Granville en 2013, 79 % sont des coquillages (8 634 tonnes). Ils représentent 64 % du chiffre d’affaires, positionnant toujours Granville comme le premier port de coquillages de France. Et premier port de pêche en tonnage de Basse-Normandie, avec une belle hausse des apports de 9 % en 2013, soit plus de 1 000 tonnes supplémentaires. Les ventes, elles, s’inclinent légèrement à 18,4 millions d’euros (-2 %). Principales espèces pêchées : bulot, olivette, amande de mer, coquille Saint-Jacques, seiche, dorade grise, praire, araignée de mer, roussette et raie. 130 navires ont débarqué sous la halle à marée en 2013.


Fiers d’être des ruraux

Même si le département souffre de l’absence d’une grande métropole comme Caen ou Rennes, l'agglomération de Cherbourg apporte une image urbaine à la Manche avec plus de 80000 habitants. En revanche, elle ne représente que 17% de la population manchoise sur 68km2 seulement. L’empreinte rurale du territoire demeure donc dominante. Sans cette communauté, la densité de la Manche sur 98, 9% de son territoire  passe de 84  à 71 h/km² .  Il convient de noter que 84% des 601 communes de la Manche ont moins de 1000 habitants mais, paradoxalement, elles rassemblent 38% de la population alors que les 27400 communes françaises situées dans la même catégorie n'en regroupent que 15%.  C'est dire combien la population est rurale dans la Manche. Supprimer ce département est impensable, nous devons le défendre bec et ongle;  il en va de la santé de notre économie et celle de nos habitants. Le "big bang territorial" annoncé par Manuel Valls lors de son discours de politique générale en avril 2014 se révèle, 5 mois plus tard, n’être qu’un dossier mal préparé, à l’instar de bien d'autres projets qu'il faut détricoter. Aujourd'hui, la dite réforme territoriale est embourbée et assortie d’une fronde grandissante. Alain Rousset, le président des régions parle « d'embrouillamini », Gérard Larcher qui a présidé le Sénat de 2008 à 2011 n’hésite pas à la qualifier d'improvisation permanente. Quant à Jean-Michel Baylet le patron des radicaux de gauche, il menace purement et simplement de retirer son soutien à Manuel Valls s'il n'est pas entendu à propos des départements ruraux. Ainsi, avec les régions, les départements sont au coeur d’une contestation qui ne cesse de grandir. Qu'en sera-t-il de l'élargissement des communautés de communes dont le principal argument pour justifier ce projet mal ficelé est de leur transférer des compétences détenues jusqu’alors par des conseils généraux. Brillante idée en effet… Un grand nombre des élus de la Manche ont le poils qui se hérisse à l'idée de repartir dans de nouvelles aventures de fusions alors que celles qui viennent d'être réalisées - parfois au forceps - au 1er janvier 2013 et 2014 n’ont pas encore trouvé leur vitesse de croisière et demeurent très fragiles. Et voilà que l’on veut remettre l’ouvrage sur le métier, c’est du grand n’importe quoi. Pire, alors que l’on nous avait donné en garantie un bonus de 20% aux communautés pour favoriser la représentation rurale, on constate  que ce n’était pas légal... La situation de la communauté urbaine saint loise, comme celle de Mortain vont être obligées de se restructurer suite à la décision du conseil constitutionnel, lequel sanctionne à plaisir sans donner les solutions, les élus et les collectivités locales en faisant les frais.  Nos parlementaires peuvent-ils continuer  d’ignorer le ras le bol qui remonte du terrain? Le passage à 20000 habitants n'est pourtant pas anecdotique pour les territoires ruraux dont la densité les obligera à éloigner d’avantage les centres de décision du terrain. C’est en tout cas un argument de campagne pour la prochaine campagne sénatoriale. Sur ce point, les candidats feront sans aucune doute consensus auprès des maires ruraux bien fatigués de cette mascarade.  Enfin, j’espère, car le couple Région- intercommunalité n'a plus de raison d'être avec le maintien du département!


(1)  Source magazine LE MARIN

(2)  Chambre d’agriculture