Il faut sauver la
Manche
Fiers d’être des
ruraux
Même si le département souffre de
l’absence d’une grande métropole comme Caen ou Rennes, l'agglomération de
Cherbourg apporte une image urbaine à la Manche avec plus de 80000 habitants. En
revanche, elle ne représente que 17% de la population manchoise sur 68km2
seulement. L’empreinte rurale du territoire demeure donc dominante. Sans cette
communauté, la densité de la Manche sur 98, 9% de son territoire
passe de 84 à 71 h/km² . Il convient de noter
que 84% des 601 communes de la Manche ont moins de 1000 habitants mais,
paradoxalement, elles rassemblent 38% de la population alors que les 27400
communes françaises situées dans la même catégorie n'en regroupent que
15%. C'est dire combien la population est rurale dans la
Manche. Supprimer ce
département est impensable, nous devons le défendre bec et ongle;
il en va de la santé de notre économie et celle de nos habitants. Le "big
bang territorial"
annoncé par Manuel Valls lors de son discours de politique générale en avril
2014 se révèle, 5 mois plus tard, n’être qu’un dossier mal préparé, à
l’instar de bien d'autres projets qu'il faut détricoter. Aujourd'hui, la dite
réforme territoriale est embourbée et assortie d’une fronde grandissante.
Alain Rousset, le
président des régions parle « d'embrouillamini », Gérard Larcher qui a présidé le Sénat de 2008 à
2011 n’hésite pas à la
qualifier d'improvisation permanente. Quant à Jean-Michel Baylet le patron des
radicaux de gauche, il menace purement et simplement de retirer son soutien à
Manuel Valls s'il n'est pas entendu à propos des départements ruraux. Ainsi,
avec les régions, les départements sont au coeur d’une contestation qui ne cesse
de grandir. Qu'en sera-t-il de l'élargissement des communautés de communes dont
le principal argument pour justifier ce projet mal ficelé est de leur transférer
des compétences détenues jusqu’alors par des conseils généraux. Brillante idée
en effet… Un grand nombre des élus de la Manche ont le poils qui se hérisse à
l'idée de repartir dans de nouvelles aventures de fusions alors que celles qui
viennent d'être réalisées - parfois au forceps - au 1er janvier 2013 et 2014
n’ont pas encore trouvé leur vitesse de croisière et demeurent très fragiles. Et
voilà que l’on veut remettre l’ouvrage sur le métier, c’est du grand n’importe
quoi. Pire, alors que l’on nous avait donné en garantie un bonus de 20% aux
communautés pour favoriser la représentation rurale, on constate
que ce n’était pas légal... La situation de la communauté urbaine
saint loise, comme celle de Mortain vont être obligées de se restructurer suite
à la décision du conseil constitutionnel, lequel sanctionne à plaisir sans donner les solutions, les élus et les collectivités
locales en faisant les frais. Nos parlementaires peuvent-ils continuer d’ignorer le ras le bol qui remonte du terrain? Le passage à
20000 habitants n'est pourtant pas anecdotique pour les territoires ruraux dont
la densité les obligera à éloigner d’avantage les centres de décision du
terrain. C’est en tout cas un argument de campagne pour la prochaine campagne
sénatoriale. Sur ce point, les candidats feront sans aucune doute consensus auprès des
maires ruraux bien fatigués de cette mascarade. Enfin,
j’espère, car le couple Région- intercommunalité n'a plus de raison d'être avec le maintien du département!
(1) Source magazine LE MARIN
(2) Chambre d’agriculture