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jeudi 21 mars 2013

Bernard Cazeneuve : culture et humanisme


De gauche à droite,  du nord au sud, les gens de la Manche éprouvent une certaine fierté de la montée de Bernard Cazeneuve aux premiers rangs du gouvernement...  cette promotion  ne surprend pas ses amis, bien sûr, ni ceux qui le connaissent.

 Conseiller général d'opposition de 1994 à 1998 au sein d'un département, alors présidé par Pierre Aguiton, homme des cabinets ministériels sous l'ère giscardienne, il se montra ouvert à l'intelligence et ne recula pas devant une amitié qui se noua rapidement par des liens culturels et humanistes. Pas de faux semblants chez Bernard Cazeneuve. L'emploi du temps du maire de Cherbourg-Octeville, deux communes qu'il réussit à réunir bien avant la réforme électorale, et les kilomètres qui séparent le Nord Cotentin du Pays du Mont Saint Michel ne l'empêchèrent pas de se rendre au chevet de son ami, pendant son agonie en 2004, témoignage de sincérité et de courage politique. Nous ne furent pas très nombreux à lui faire une dernière visite aux Cresnays.

 Pour ma part, succédant à Pierre Aguiton au Conseil général en 1998,  c'est en qualité de vice-président aux affaires culturelles que j'eus le plaisir de rencontrer et de travailler avec Bernard Cazeneuve autour du devenir de l'école du cirque du Docteur Paradi, cher à P.Aguiton, qu'il transforma en Centre Régional des arts du cirque à Tourlaville. On inaugurera ensemble La Brêche, ce centre dont la plus grande salle (900m2) porte le nom de son ami.

 Après les questions culturelles et le cinéma ce furent les affaires économiques, notamment la réaffectation de l'ancien hôpital des armées puis les énergies marines renouvelables (EMR) qui m'amenèrent  à conforter cette relation au cours de têtes à têtes ou de voyages avec le maire de Cherbourg devenu entre temps Vice président du Conseil Régional de Basse Normandie, poste qu'il abandonna dès qu'il fût élu député. Les promotions, les succès se succédèrent mais l'homme ne changea pas.

 Avocat de profession , Bernard Cazeneuve ne recherche pas les effets de manche. Sa simplicité n'a d'égale que son honnêteté intellectuelle , son indice d'écoute et son calme qu'une touche d'humour rend convivial. Lors d'un repas avec Nelly Kafsky, productrice et présidente de Mazel productions et Kafsky films, j'ai découvert la fantaisie de Bernard Cazeneuve, redoutable imitateur de François Mitterrand au point que Nelly Kafsky lui proposa de participer à  l'un de ses films pour imiter la voix du président.

 La polyvalence de notre ministre ne fait aucun doute mais, à la différence d'un acteur, il ne joue aucun rôle même s'il sait toujours s'adapter à l'habit qu'on lui donne. A coup sûr il portera sans difficulté celui du ministre du budget dont il a l'étoffe. Il en fera bon usage car sa ténacité et sa persévérance l'aideront à vaincre les adversités et les critiques qui ne manqueront pas de lui tanner le cuir.  Homme de conviction, il a soutenu la poursuite de la construction de l'EPR à Flamanville face aux contestations de certains de ses " amis politiques" . Il sait ce qu'il veut; il sait où il va. Son pouvoir s'ancre sur le respect des autres et celui de lui même. On ne l'achète pas. Nous pouvons donc nous attendre à ce qu'il maintienne le cap contre vents et marées à condition toutefois que l'équipage qui l'entoure ne tire pas à bâbord et à tribord en permanence. Le bateau  France a besoin de confiance et d'unité pour arriver à bon port.



Photo lefigaro.fr


 

mercredi 21 novembre 2012

COPE et la République bananière


98 voix ont séparé François Fillon de Jean François Copé lundi 19 Novembre alors que, la veille, ce dernier se disait gagnant avec plus de mille voix d'avance... De là à penser que la triche était plus forte du côté du vainqueur, il n'y a qu'un pas; nous n'irons pas jusque là. Mais mais aux yeux des français, la politique perd un peu plus de son crédit.

 « Une fracture morale et politique », une faille pourrait-on dire vient d'être créée au sein de l'UMP, une faille qui sépare définitivement les centristes d'une droite forte qui rêve de déplanter le Front National en chassant sur ses terres. En 2002, l'UMP a été créée pour rassembler les forces centristes, libérales et gaullistes pour faire barrage aux forces de l'extrême droite qui taillait des croupières au RPR, à l'UDF et à Démocratie Libérale depuis près de 20 années sous le regard enjoué de François Mitterand.

Avec l'avènement de Nicolas Sarkozy, armé de son karcher, et ses lieutenants de l'ombre, Patrick Buisson, Guillaume Peltier et quelques jeunes pousses alimentés au lait de Marine Le Pen, l'UMP s'oriente vers une droite identitaire emmenée par Copé. Décomplexé, il entend  dénoncer les coupables de la crise, les étrangers, les chômeurs, les assistés, pour mieux faire oublier les lacunes d'une politique qui a asphyxié la France et l'a mise, selon François Fillon, au bord de la faillite. Copé ne l'entend pas de cette oreille; il reprend la thématique sarkozienne puis l'amplifie: le racisme devient anti-blanc; le petit musulman prend le pain au chocolat de nos enfants; tout est dit.

 Face à la droite molle , la droite forte parle vrai aux patriotes. L'histoire se répète; la droite Maurrassienne renaît dans la crise; on défilera dans la rue s'il le faut; la droite molle oubliera ses valeurs et se diluera dans la meute républicaine sans scrupules... les carrières avant tout. ITE MISSA EST; de fait, la messe est dite. À droite toute, avec Morano, karouchi , Dati, Geoffroy Didier qui, avec Peltier, crée la marque « droite républicaine » déposée en juillet dernier à l'INPI. La stratégie définie et bien au point, Copé ne pouvait plus perdre. Avec 98 voix l'adversaire est respecté et la Rue 89 est grande ouverte pour le conduire à l'Élysée.
C'était trop beau pour être vrai; en enfourchant le cheval de Jeanne d'Arc, Jean-François Copé n'a pas entendu toutes les voix; une noix de cocoe vient de lui tomber sur la tête lui rappelant que les voix des îles n'ont pas été comptabilisées. Qu'importe! Chacun sait que dans son esprit, elles ne comptent pas. Ainsi notre bon démocrate souhaite les ignorer au grand dam d'Henri Guaino qui souhaite désormais changer le nom d' UMP en PER, Parti d'En Rire. Sans doute a-t-il raison.