98 voix ont séparé François Fillon de Jean François Copé
lundi 19 Novembre alors que, la veille, ce dernier se disait gagnant avec plus
de mille voix d'avance... De là à penser que la triche était plus forte du côté
du vainqueur, il n'y a qu'un pas; nous n'irons pas jusque là.
Mais mais aux yeux des français, la politique perd un peu plus de son crédit.
« Une fracture morale et politique », une faille
pourrait-on dire vient d'être créée au sein de l'UMP, une faille qui sépare
définitivement les centristes d'une droite forte qui rêve de déplanter le Front
National en chassant sur ses terres. En 2002, l'UMP a été créée pour rassembler
les forces centristes, libérales et gaullistes pour faire barrage aux forces de
l'extrême droite qui taillait des croupières au RPR, à l'UDF et à Démocratie
Libérale depuis près de 20 années sous le regard enjoué de François Mitterand.
Avec l'avènement de Nicolas Sarkozy, armé de son karcher,
et ses lieutenants de l'ombre, Patrick Buisson, Guillaume Peltier et quelques
jeunes pousses alimentés au lait de Marine Le Pen, l'UMP s'oriente vers une
droite identitaire emmenée par Copé.
Décomplexé, il entend dénoncer les
coupables de la crise, les étrangers, les chômeurs, les assistés, pour mieux
faire oublier les lacunes d'une politique qui a asphyxié la France et l'a mise,
selon François Fillon, au bord de la faillite. Copé ne l'entend pas de cette
oreille; il reprend la thématique sarkozienne puis l'amplifie: le racisme
devient anti-blanc; le petit musulman prend le pain au chocolat de nos
enfants; tout est dit.
Face à la droite molle , la droite forte parle vrai aux
patriotes. L'histoire se répète; la droite Maurrassienne renaît dans la crise;
on défilera dans la rue s'il le faut; la droite molle oubliera ses valeurs et
se diluera dans la meute républicaine sans scrupules... les carrières avant
tout. ITE MISSA EST; de fait, la messe est dite. À droite toute, avec Morano,
karouchi , Dati, Geoffroy Didier qui, avec Peltier, crée la marque « droite
républicaine » déposée en juillet dernier à l'INPI. La stratégie définie et bien au point,
Copé ne pouvait plus perdre. Avec 98 voix l'adversaire est respecté et la Rue
89 est grande ouverte pour le conduire à l'Élysée.
C'était trop beau pour être vrai; en enfourchant le cheval de Jeanne d'Arc, Jean-François Copé n'a pas entendu toutes les voix; une noix de cocoe vient de lui tomber sur la tête lui rappelant que les voix des îles n'ont pas été comptabilisées. Qu'importe! Chacun sait que dans son esprit, elles ne comptent pas. Ainsi notre bon démocrate souhaite les ignorer au grand dam d'Henri Guaino qui souhaite désormais changer le nom d' UMP en PER, Parti d'En Rire. Sans doute a-t-il raison.