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mardi 9 avril 2013

Cahuzac: la fin d'une époque ???

En 2011, les Français se sont passionnés pour une pièce à la Feydeau, qui reprenait tous les ingrédients du théâtre de boulevard. Les portes qui claquent, la femme trompée, par un mari volage, les maîtresses cachées dans les placards et les rebondissements inattendus.  En y regardant de plus près, « L’affaire DSK « c'est du déjà vu. Elle n’est qu’une reprise de celle de Félix Faure qui a eu la bonne idée, le 16 février 1899, de nous faire une sortie originale en mourant sur le ventre de sa maîtresse dans une chambre à coucher de l’Élysée. Sacré Félix…DSK, n’aura pas eu l'occasion d’en faire une adaptation; on a tiré le rideau avant même qu’il monte sur  scène; il passera tout de même à la postérité. Dommage, le Palais de l’Élysée transformé en lupanar ça aurait eu de la gueule.  Cela dit, si DSK a des mains baladeuses, elles ne se cantonnent qu'aux parties les plus charnues de l’anatomie féminine, alors que celles de Cahuzac plongent dans celles du Fisc. Donc des nôtres. Heureusement que big moustaches est arrivé à temps pour le démasquer.  Sans Médiapart, l’élégant ministre chirurgien continuerait d’opérer des transactions dans les paradis fiscaux. En plus, l’on voudrait nous faire avaler qu’il n’a dissimulé que 600 000 euros quand la TSR ( télévision Suisse) avance le chiffre de 15 millions d’euros. Plus c’est gros, plus ça passe !

Mentir, les yeux dans les yeux.

 Les ténors politiques de gauche et de droite jouent les vierges effarouchées en apprenant une vérité qu’ils connaissaient depuis longtemps. Personne n’ignorait que le vertueux ministre  qui demandait aux Français de se couper les cheveux en quatre, n’en déclarait qu’un sur dix lorsqu’il les implantait sur la tête de ses patients. Des cheveux noirs blanchis en toute discrétion. Michel Gonelle, l'ancien maire de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) détenteur de l'enregistrement audio dans lequel Jérôme Cahuzac évoquait un compte en Suisse, a estimé que ce compte avait pu être identifié dès 2008, donc sous le gouvernement de droite précédent, mais "mis sous l'éteignoir." La palme revient à François Hollande qui, naïvement, a salué le "talent" et la "compétence" dont Jerôme Cahuzac a fait preuve depuis mai 2012 dans son action de redressement des comptes publics. Quoi d’anormal? Reste que pour une grande majorité des français cette normalité prend, à tort ou à raison, des allures de complicité. Mais l’Élysée ne sera pas les écuries d’Augias. Cette fois, c’est décidé, on va nettoyer promet Hollande qui recherche un Héraclès pour faire le boulot. Une aubaine pour  l'UMP qui s’engouffre dans la brèche histoire de  se refaire une virginité  tout en caressant l’espoir que big moustache en ressorte une autre dare dare.

Patience, Il y en aura  pour tout le monde.

L’affaire Cahuzac sent mauvais. Elle a ouvert la boite de pandore, et ce ne sont pas les déclarations vertueuses et tardives de quelques parlementaires qui changeront la donne. Le régime est mouillé, mais c’est toute la classe politique qui est éclaboussée. Et voilà que l’histoire repasse les plats avec ce sentiment qui nous traverse de vivre une situation que nos parents et grands parents on vécu . De Stavinsky, en 1933, à Cahuzac  l’histoire bégaie. Allons nous voir refleurir  comme en 1934 les papillons collés sur les voitures «  JE NE SUIS PAS DÉPUTÉ » à une époque ou les parlementaires étaient compromis dans des affaires par complaisance, par vénalité. Voici venu le temps de la montée des extrêmes. Celui des chemises brunes et des sans culottes qui se rejoignent lorsqu’il s’agit de faire vaciller la démocratie. Aujourd’hui Mélenchon éructe; il parle de salopards. Hier on dénonçait les salauds.  À l’extrême droite, Marine Lepen  reprend un classique qui a fait les grands soirs de son vieux père, celui du "tous pourris", en dressant la liste  "qui donne le vertige", des dirigeants politiques inquiétés par la justice, en mettant dans le même sac "mis en cause, mis en examen ou condamnés". "DSK, Woerth, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy...Avant de conclure par : «  Je ne vois pas d'autre solution que de démissionner le gouvernement et de dissoudre l'Assemblée nationale". Sous entendu, virons Hollande et vite. Pour la  droite l’affaire Cahuzac est un cadeau tombé du ciel. Copé reprend la main pour faire oublier sa contestable  élection à l’UMP. Alors que faire, sacrifier Jean Marc Ayrault, sans doute le plus honnête de la bande sur l’autel de l’opinion publique poussée par la presse qui réclame une sanction comme on réclame une tête? Mais par qui le remplacer, et pourquoi faire puisque derrière tout ça c’est la république qui est visée par les aventuriers de l’extrême? 
UNE OPPORTUNITÉ pour HOLLANDE de se refaire une santé
Mais, à l’autre bout de l’éventail politique il y a les femmes vengeresses. À commencer par Martine Aubry, et Ségolène Royal.et quelques autres qui ont leur mot à dire; elles pourraient toujours faire l’affaire en attendant. Sauf que personne n’en veut. Et si la solution passait par un remaniement du type "gouvernement de Salut Public" . En avançant sur le chemin d’une sociale démocratie, ce serait une ouverture intelligente au centre. Les français sont maintenant bien préparés à affronter la vérité. Reste à savoir comment on va leur vendre .En leur jouant un remake d’une pièce sur la moralisation de la vie politique, et la fin des privilèges écrite par Mitterand adaptée par Chirac et reprise par Sarkozy ?. Au final, elle n‘a jamais été mise en scène. Si Hollande veut sortir la tête haute de ce marécage infernal il sait qu’il ne peut faire l’impasse d’une réduction drastique du nombre de parlementaires, d'’alléger ses mille feuilles administratifs et sa pléthore d'agences gouvernementales aussi inutiles que coûteuses. Un programme que François Bayrou, ne cesse de réclamer. Le président du Modem préconise notamment de "faire sauter tous les obstacles dressés contre ceux qui veulent créer de l'activité : le labyrinthe des normes, la complexité du droit du travail, l'insécurité juridique et fiscale permanente". "Aidons ceux qui veulent avancer",   Mais avec 9% des voix peut-il être entendu ? La France a  besoin d'un électrochoc. Rebondissez monsieur le président pendant qu’il en est encore temps. Oubliez vos dogmes, conduisez le pays en homme d’État et non de parti. Ne vous réfugiez pas dans le déni.    



samedi 27 octobre 2012

UDI :UNE INDEPENDANCE EN GESTATION


Le bébé  est né; le travail a été difficile mais il est né; il est ambitieux; il  gesticule; il crie mais, au fond, on a peur de lui couper le cordon ombilical qui le relie à une matrice politique porteuse d'intolérance et de luttes fratricides, sources de surenchères xénophobes et de querelles stérilisantes... une matrice UMP, sans doute encore capable  de terrasser une coalition de gauche construite sur les bases fragiles d'espérances peu réalistes quand elles ne sont pas utopiques.

 C'est ainsi. Au désir d'exister s'oppose toujours la crainte de l'enlisement dans un marais où d'autres se sont déjà aventurés sans  succès. Car,  en politique, si la tentation  de s'affranchir de toute dépendance est permanente , l'instinct de survie ramène souvent les ambitions à la raison.

 Et pourtant! A l'heure où Cain va tuer Abel , Seth veut  rêver d' une destinée porteuse d'humanité. La question pour lui est de savoir qui de Francois Fillon ou de  Jean Francois Coppé sera Cain car l'avenir de Seth peut  en dépendre.  En fait, Jean louis Borloo croit-il vraiment en son  avenir? A t -il acquis suffisamment de confiance en lui pour se libérer de ses vieux démons et de ses craintes de perdre toute chance d'exister dans un centre indépendant? Ne prend-il pas le risque de n'être qu' un Seth de table?  Président de l'UDI, sans grande concurrence au centre , le voici en droit d'espérer et d'être en mesure de tenir la dragée haute à l'UMP dont il se dit toujours l'ami.. une manière de se mettre en cordée au cas où le sol se déroberait une nouvelle fois sous ses pieds.. sait-on jamais!

 L'UDI ne peut-elle gagner une élection sans coalition? Finalement, JLB ne se met -il pas dans la situation  de Francois  Bayrou qui a fait l'erreur de se rallier à Francois Hollande à titre personnel alors que ce dernier était prisonnier des verts et de Melenchon. JlB ne voit -il pas que l'UMP a déjà choisi de tendre la main aux électeurs du FN? Les "amis" de François Bayrou sont partis à droite ou à gauche, jambes à leur coup,  pour tenter de se récupérer prouvant ainsi que le centre est bien  un vivier d'idées sur lesquelles, dans l'absolu, des élus de tous bords peuvent se retrouver ... mais sans engagement, signe que le centre  n'est pas vraiment un parti mais une fédération de petits barons sans chef. JLB  le sera t-il vraiment?

En s'affichant centre droit, par sécurité ou par honnêteté , Jean Louis Borloo ne se prive t-il pas d'emblée du radeau susceptible de secourir  d'éventuels   naufragés sociaux démocrates?  Aux dires de son ami  Melenchon qui a tout l'air du capitaine Crochet,  Francois Hollande ne serait pas un commandant de bord capable de mener un paquebot à bon port . Force est de reconnaître que, le France naviguant par gros temps, l'équipage, à bâbord comme à tribord, n'est pas dans son assiette; il semble même déjà chercher à  renverser la vapeur pour changer de cap sur une mer démontée.

Ce n'est pas la déroute pour autant. L'heure n'est pas encore à la mutinerie dans l'équipage hollandais qui découvre les difficultés du long cours et des intempéries. Il faut reconnaitre qu'il est tout de même composé de quelques marins d'eau douce qui risquent d'abandonner le navire pour éviter le naufrage. Les plus téméraires prendront alors sans doute conscience de la nécessité de constituer un équipage diffèrent autour de volontaires indépendants soucieux d'éviter le perte d'un navire, corps et biens, usé par les excès des uns et des autres depuis plus de trente années.

 Ainsi, en plaçant ses troupes à tribord, en ignorant Francois Bayrou , Jean Louis Borloo  ne prend-il pas le risque d'être laissé sur le quai pour ne pas faire de nouveau  tanguer le France en pleine course? L'UDI  serait pourtant nécessaire pour tenir le gouvernail au centre et nous conduire vers des terres démocrates sociales ou sociales démocrates plus sereines. Un vœu; seulement un vœu. C'est dommage car les discours droitiers de l'UMP dans une France que son histoire a rendue  irréversiblement cosmopolite entraînent beaucoup de  haine et de divisions et ne prêtent ni à l'adhésion  ni au rassemblement. Son langage détruit la cohésion sociale et la république , et mène vers des déviances extrêmes  qui mènent les français au renoncement.

Nous pourrions pourtant  avoir envie de  relever le gant avec l'UDI  bien que l'équipage donne un arrière goût de déjà vu et n'affiche pas des idées claires et limpides en ces périodes troublées. Comment ce parti peut-il contribuer à rendre plus crédible une politique désorientée s'il se coupe radicalement de son aile gauche? François Bayrou a failli réussir en 2007. Il a  grillé ses  ailes en 2012 et celles de ses partisans en soutenant certaines valeurs défendues par Hollande. Aujourd'hui les grognards de l'ancienne UDF rêvent d'un chef stable et éclairé qui les conduisent vers de nouveaux horizons . Jean Louis Borloo est-il prêt à prendre  la barre comme il l'affirme; il en rêve sûrement. Mais saura t-il se jouer  des  courants   contraires ? Il en a les capacités. En aura t-il le mental? Espérons le.