Dans quelques mois, en mars 2014, la réforme des élections municipales votée le
17 avril 2013 va s'imposer aux français... une vraie surprise pour les
citoyens des communes de 1000 à 3500 habitants qui, jusqu'alors, pouvaient
panacher... une liberté que beaucoup n'imaginent pas un seul instant de se priver... pensez! rayer le nom d'un
"ami", ça vaut la peine d'aller voter pour faire vivre la
démocratie... cerise sur le gâteau, on peut même le remplacer par son propre
nom. Franchement, un plaisir qu'on ne goûte que tous les six ans, ça ne se
manque pas!
Fini le panachage
Deux votes en un
Seconde innovation: l'élection des conseillers des
communautés de communes. Jusqu'à
présent, ce sont les élus municipaux qui désignent ceux d'entre eux qui
représentent leur commune au sein de la
communauté. Désormais , cette élection se fera au suffrage direct; une liste communautaire sera établie avec les
candidats situés parmi les 3 premiers cinquièmes de la liste des municipales et présentée de façon
distincte sur le même bulletin de vote.
Les 2 derniers cinquièmes de la liste attendront ainsi l'élection
suivante pour espérer gravir l'échelle des responsabilités... s'ils passent le
premier obstacle. Franchement, ce serait mérité... évidemment cette liste
communautaire doit respecter aussi la parité... Attention: scènes de ménages en vue si
les assemblées se terminent tard dans la nuit.
Tout cela pour une seule raison: faire élire les conseillers communautaires au suffrage direct par les citoyens ... Résultat: les communautés et leurs élus n'auront plus de comptes à rendre à leurs collègues municipaux , une façon d'éloigner la démocratie du terrain d'autant que
les communes de moins de 500 habitants n'auront, pour la plupart d'entre elles,
que leur maire pour les représenter au sein d'assemblées pléthoriques où il
risquera de faire tapisserie, à l'image
de ce qui se passe au sein du pays de la Baie et de bien d'autres pays .
Beaucoup diront leur mécontentement après coup mais leur silence les rendra
complices de décisions contraires à l'intérêt de leurs communes. Vous me
direz, ce sera la même chose qu'à l'assemblée nationale... Justement! Est-ce
bien de cette démocratie que nous voulons? Les conseillers municipaux auront certainement le sentiment d'être les parents pauvres de la démocratie locale quand le président de la communauté décidera de mutualiser les moyens au risque de fermer des structures locales qui relèvent de sa compétence.
Deux listes sur un même bulletin
Le Conseil Constitutionnel donnera t-il un avis favorable
à cette nouvelle loi électorale ? On peut s' interroger en effet sur la légalité
du dispositif... Deux listes sur un même bulletin de vote pour deux élections
au suffrage direct: est-ce bien constitutionnel. Si un nom est supprimé sur la liste des conseillers
intercommunaux, le bulletin de vote sera
annulé également pour l'élection des conseillers municipaux et inversement.
Logique mais peu acceptable; mais comment faire autrement. On imagine mal, évidemment, que la
liste d'opposition intercommunale représente la liste majoritaire du conseil
communal. D'où la question: fallait-il vraiment changer l'élection des conseillers
intercommunaux? La responsabilité en reviendra au pouvoir en place. Dans la situation actuelle, il aurait pu s'en passer.
